La Cour suprême inflige une lourde défaite à Boris Johnson
La suspension des travaux parlementaires demandée par le Premier ministre Boris Johnson est illégale, a jugé ce matin la Cour suprême britannique. «La décision de conseiller à Sa Majesté de suspendre le Parlement était illégale, car elle empêchait le Parlement de s’acquitter de ses fonctions constitutionnelles sans justification raisonnable», a déclaré Brenda Hale, présidente de la Cour suprême. «Le Parlement n’a pas été suspendu. C’est le jugement unanime des 11 juges. Il appartient au parlement, plus précisément à son président, et à celui de la Chambre des Lords, de décider de la marche à suivre», a ajouté la juge Hale. John Bercow, président de la Chambre des communes, s’est dans la foulée prononcé pour la reprise sans délai des travaux parlementaires.
Cette décision constitue un lourd revers pour Boris Johnson, qui avait invité le 28 août la reine Elizabeth à interrompre les débats à la Chambre des communes du 9 septembre au 14 octobre, soit à deux semaines de la sortie programmée de l’Union européenne, pour établir un nouveau calendrier législatif. Pour ses détracteurs, le chef du gouvernement, qui a depuis perdu sa majorité parlementaire, tentait ainsi de parer au rejet de ses plans. Boris Johnson insiste pour quitter l’UE le 31 octobre avec ou sans accord, alors qu’un texte adopté à la Chambre lui impose de demander un nouveau délai en l’absence d’accord.
Vers midi, la devise britannique gagnait 0,2% face au billet vert, à 1,2458 dollar après cette décision. Elle s’appréciait également de 0,2% face à la monnaie unique, à 1,1328 euro. A la Bourse de Londres, l’indice des principales capitalisations FTSE 100 cédait de son côté 0,1%.
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