La Chine brandit le spectre de la guerre des changes face aux Etats-Unis
La Chine semble prête à rendre coup pour coup dans le cadre de la guerre commerciale qui l’oppose aux Etats-Unis. La menace du président américain, Donald Trump, d’imposer des droits de douane de 10% sur 200 milliards de dollars de produits chinois, qui s’ajouteraient à ceux déjà promis par Washington de 25% sur 50 milliards, n’a pas laissé la Chine de marbre. En plus de faire planer le spectre de mesures de rétorsion «quantitatives» et «qualitatives», les autorités chinoises ont laissé le cours du yuan chuter de 0,4% face au dollar hier. Or, la devise chinoise est jusqu’à présent celle qui a le mieux résisté au rebond du dollar au sein de l’univers émergent, en ne cédant que 3,2% depuis mi-février, contre une dépréciation des devises émergentes supérieure à 10% en moyenne sur la période.
Si les autorités chinoises n’ont pas intérêt à entrer dans une guerre du change et à voir le renminbi se déprécier trop violemment, du fait des risques de résurgence des sorties de capitaux, la Banque Populaire de Chine (PBoC) a pris hier des mesures préventives pour éviter toutes tensions sur le marché. Elle a injecté 200 milliards de yuans par sa facilité de prêts à moyen terme, ce qui porte à 403 milliards le montant de liquidités injectées depuis début juin pour compenser l’effet négatif des tarifs douaniers américains sur l’activité, estimé entre 0,1 et 0,3 point cette année. Le taux Shibor 3 mois s’étant tendu de 35 pb depuis début mai, à 4,35%, la PBoC a déjà décidé de ne pas répercuter la dernière hausse de taux de la Fed, permettant au rendement dix ans de revenir à 3,55%.
La montée des risques de tensions commerciales et de ralentissement de l’économie chinoise a en outre relancé les anticipations d’un assouplissement monétaire en Chine. Dans un entretien publié lundi par Financial News, la PBoC a indiqué surveiller de près les risques internes et externes pesant sur l’activité chinoise et promet de répondre à des chocs extérieurs potentiels pour garantir la stabilité du marché. Elle évoque même, dans un document publié hier, la baisse du ratio des réserves obligatoires des banques (RRO). «Ces propos, tenus après la publication de chiffres d’activité et de crédit décevants, envoient le message que la PBoC devrait prendre prochainement des mesures d’assouplissement par une baisse du RRO ou par de nouvelles injections de liquidés», estime Nomura.
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