«Pour le moment nous ne sommes pas dans une bulle sur le marché du crédit»
- L’Agefi : Peut-on parler de bulle sur le marché du crédit ?
- Raphaël Chemla : Après les annonces de la BCE, les spreads de crédit se sont encore resserrés mais les niveaux atteints ne sont pas équivalents à ceux de début 2007. Les fondamentaux des entreprises après le premier trimestre 2014 restent bons et en ligne avec les attentes. Le marché est encore optimiste pour les prochains trimestres. Les entreprises du haut rendement (HY) européen continuent de se désendetter dans de bonnes conditions et le taux de défaut reste extrêmement bas, cette situation risque de perdurer. Nous observons peu en Europe d’opérations sur le HY finançant des dividendes exceptionnels ou des rachats d’actions propres, signes annonciateurs d’une bulle sur la classe d’actif. Pour le moment, nous ne sommes pas dans une bulle. Les taux sont bas et risquent de le rester pour une période encore assez longue.
- Quel est l’impact des annonces de la BCE sur le marché du crédit ?
- Les annonces de la BCE du 5 juin alimentent la volonté de M. Draghi de garder les taux bas, les mesures telle que les TLTRO (LTRO ciblées) ou la baisse du taux de dépôt (-0,10%) montrent la volonté de la BCE de relancer le crédit et de redémarrer le cycle de l’investissement. Ceci est bien évidemment une bonne nouvelle pour le secteur bancaire qui va se remettre à prêter et est positif pour le marché du crédit en général (investment grade et high yield). Les spreads de crédit se sont immédiatement resserrés sur les obligations du secteur bancaire. Les flux positifs sur la classe d’actif HY et la recherche de rendement ont fortement aidé le rétrécissement des spreads. Avec un marché primaire très actif et très diversifié, la sélectivité restera la clé pour réaliser des performances.
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