Pour la taxation de l'épargne, le gouvernement s’en tient à l’assurance-vie
Le levier de vitesse gouvernemental se grippe. Trois semaines après avoir renoncé à sa taxe sur l’excédent brut d’exploitation, l’exécutif a effectué ce week-end une nouvelle marche arrière. Le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a fait savoir dans les colonnes du Journal du Dimanche que le gouvernement renonçait en partie à son projet d’aligner par le haut (à un taux unique de 15,5%) les prélèvements sociaux sur les produits d'épargne.
«Nous voulons l’apaisement et la clarté. Nous avons donc décidé d’amender le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour sortir les PEL, les PEA et l'épargne salariale de la mesure pour épargner les patrimoins moyens et modestes», a justifié Bernard Cazeneuve. La mesure devait, dans son ensemble, faire rentrer 600 millions d’euros dans les caisses de l’Etat. 400 millions d’euros sont désormais escomptés. Un retrait qui intervient après l’adoption par l’Assemblée nationale de l’article contesté du PLFSS 2014... Les députés doivent se prononcer demain lors d’un vote solennel sur l’ensemble du PLFSS. Les sénateurs l’examineront à compter du 12 novembre.
Seule l’assurance-vie reste donc concernée par ce taux de 15,5%. Bernard Cazeneuve souligne que la plupart des petits contrats sont en euros et sont donc exclus de la mesure. Le président de l’Afer, Gérard Bekerman, estime que ce «grignotage fiscal systématique de l’assurance-vie est un très mauvais signal». L’association d'épargnants se prépare à lancer une pétition nationale «pour la sauvegarde de l’assurance-vie».
Lors du Grand Rendez-Vous Europe 1 - Le Monde - i>Télé, le ministre de l’Economie en a profité pour annoncer la présentation dans les prochains jours d’une réforme de l’assurance-vie afin de la réorienter vers le financement des entreprises. Celle-ci, qui figurera dans le prochain collectif budgétaire, découle des travaux du rapport Berger-Lefebvre sur l'épargne longue, a-t-il aussi expliqué dans un entretien aux Echos. Elle comprendra le nouveau produit «euro-croissance» qui pourra être souscrit dans les contrats multisupports. «Les épargnants bénéficieront à l’ouverture du contrat de l’antériorité fiscale pour les primes perçues auparavant sur d’autres contrats. A terme, il y aura donc un troisième pilier de l’assurance-vie, entre les fonds en euros et les unités de compte», a commenté Pierre Moscovici.
Plus d'articles du même thème
-
Renault place son ingénierie au cœur de la bataille face aux constructeurs automobiles chinois
Le groupe au losange réorganise son activité d'ingénierie en France. L'enjeu ? Gagner un temps précieux dans la conception de nouveaux modèles face à une concurrence asiatique toujours plus conquérante. -
La Bourse fêtera la cotation du Slip Français le 14 juillet
L’iconique marque française de sous-vêtements se valorise 14 millions d’euros, avant une augmentation de capital de 5 millions. Les deux fonds, qui accompagnent le groupe depuis dix ans, céderont leurs parts pour un maximum de 10,8 millions. -
Exosens décroche un financement de 140 millions d'euros de la BEI
Cette enveloppe soutiendra les investissements du groupe dans les technologies avancées de vision nocturne et d’imagerie numérique destinées aux marchés européens de la défense et de la surveillance. -
Les finances publiques sont au bord de l’étouffement
La Cour des comptes lance un ultimatum au gouvernement : ou des mesures rectifiant la trajectoire de la dette publique sont prises maintenant, ou la France va étouffer sous le poids des intérêts à payer, qui pèsent pour la moitié du déficit budgétaire. -
L’inflation PCE accélère à son plus haut de trois ans aux Etats-Unis
L’indice PCE des dépenses de consommation des ménages a progressé de 4,1% sur un an en mai et de 3,4% pour l’inflation sous-jacente. Dans les deux cas comme attendu. Les marchés ont peu réagi, potentiellement conscients que la Fed attendra le prochain indice CPI paraissant au mois de juillet pour préciser ses vues sur l’inflation. -
Le gendarme financier britannique sanctionne la filiale locale de Caceis pour défauts de contrôle
Caceis UK devra payer 31,7 millions de livres sterling aux clients d'un gestionnaire de patrimoine aujourd'hui disparu qu'il a laissés s'exposer au risque de délits financiers.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
PlaidoiriesL'affaire Lyhanna vue par les magistrats : beaucoup de corporatisme, peu de mea culpa
Les deux plus hauts magistrats de France ont mis en garde, jeudi, contre « la mécanique du bouc-émissaire » -
Double échecDéfense : après le Scaf, l'Allemagne abandonne un projet de frégate qui a coûté 2 milliards d’euros en pure perte
Berlin renonce à se doter de bâtiments multi-missions, à cause de l'explosion des délais et de la facture -
Dans le désertA l'Assemblée nationale, le gouvernement perd la maîtrise de ses textes
Le projet de loi Ripost devait illustrer la capacité du gouvernement à faire passer des textes, qui plus est régaliens. L'examen en commission a montré l'inverse, entre dépendance au RN, démobilisation du camp présidentiel et surmobilisation d'une gauche unie