Pour la Banque d’Angleterre, Barclays a nié la réalité

Le gouverneur de la BoE a directement mis en cause Bob Diamond dans la gestion du scandale du Libor
Krystele Tachdjian

Encore une pierre dans le jardin de Barclays et de Bob Diamond, son patron démissionnaire. La banque a préféré se voiler la face plutôt que de prendre la mesure des alertes adressées par les régulateurs avant que le scandale du Libor ne conduise à la chute du directeur général début juillet.

C’est le constat qu’a dressé hier Mervyn King le gouverneur de la banque centrale d’Angleterre (BoE) lors de son audition de 3 heures devant le Parlement britannique.Il a insisté sur le fait que Barclays a longtemps nié la gravité des affaires de manipulations du taux interbancaire Libor poussant ainsi la BoE à intervenir auprès de ses dirigeants pour leur signifier la totale perte de confiance dans Bob Diamond.

«Le conseil d’administration de Barclays (...) était très réticent à affronter ces problèmes», a déclaré Mervyn King. «Il est devenu clair à mes yeux qu’il n’avait pas réellement pris conscience de la perte de confiance». Il a expliqué que la Financial Services Authority (FSA), l’autorité de tutelle du secteur bancaire, avait envoyé en avril une lettre à Barclays pour exprimer sa préoccupation face aux dérives, une position qu’il avait lui-même exposée au président du conseil d’administration Marc Agius le 2 juillet.

«Il est possible de naviguer au plus serré une fois. On peut naviguer au plus serré deux, voire trois fois. Mais quand on en arrive à quatre ou cinq fois, cela devient une habitude et il faut se poser des questions sur les talents de navigateur du capitaine», a ajouté Mervyn King.

Interrogé sur le traitement du dossier en 2008, le gouverneur de la BoE a expliqué que la Réserve fédérale ne lui avait jamais apporté de preuve de la manipulation du Libor. A l'époque, l’actuel secrétaire américain au trésor, Timothy Geithner, alors président de la Réserve fédérale de New York, lui avait écrit pour lui livrer des recommandations censées améliorer la crédibilité du Libor.

L’amende de 453 millions de dollars par les autorités britanniques et américaines a une nouvelle fois jeté le discrédit sur le secteur financier. Plus d’une douzaine d’investigations sont encore en cours, et ce dossier menace désormais de s'étendre à plusieurs autres grandes banques internationales.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...