Paris, le challenger de Londres en gestion infrastructures
La capitale française est une destination naturelle à la relocalisation pour les gérants dédiés à cette classe d’actifs.
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Charles Dupont, Schroders
Les grands fonds d’investissement sont à Londres.» Ce n’est pas si vrai lorsque l’on parle d’infrastructures. La City, perçue comme la capitale financière de l’Europe, emploie certes près de 250.000 professionnels de la finance et accueille la plupart des grands acteurs ainsi que beaucoup de fonds d’investissement. Mais les études de Preqin, relayées par la récente enquête de l’AFG, le prouvent : Paris est le challenger de Londres pour ce qui est de la gestion infrastructure, très loin devant les autres capitales européennes.
La place particulière de Paris dans le petit monde très fermé des infrastructures s’explique par notre histoire – celle du développement au XXe siècle de champions nationaux devenus géants mondiaux des services essentiels à la population et à l’économie, aujourd’hui regroupés sous le terme «infrastructures». A d’autres époques, ces activités étaient désignées par différents termes : BTP, eau, électricité, gaz, télécoms, autoroutes, aéroports. Quel autre pays peut s’enorgueillir d’autant de références mondiales telles que Bouygues, Vinci, Eiffage, Veolia, Suez, EDF, Engie, Orange, ADP, SNCF ou RATP dans un même domaine ? Leur place dans le monde a nourri en France une communauté d’experts, d’ingénieurs, de banquiers de financement (les grandes banques françaises font partie des leaders du financement d’infrastructures en Europe), mais aussi de juristes de droit public et de spécialistes de l’environnement. Ce terreau fertile a vu croître une communauté d’investisseurs et de gérants d’actifs dédiés aux infrastructures, d’où l’émergence d’autres champions européens tels que Antin Infrastructure, Ardian, InfraVia ou Meridiam pour le greenfield.
A l’heure du «Brexit dur» et de la fin du passeport AIFM pour les gérants alternatifs basés à Londres, la capitale française saura-t-elle attirer les gérants infrastructure ? En effet, la reconnaissance des FIA britanniques et leur commercialisation sur le sol français et européen seront bien plus compliquées qu’aujourd’hui. Il est possible que la Grande-Bretagne bénéficie d’un régime à part, comme pour les gérants basés en Suisse, afin de continuer à bénéficier du passeport européen. Mais la transposition prendra sans doute du temps. La relocalisation de certains gérants est donc envisageable, dans le sillage de celle envisagée par plusieurs grandes banques anglo-saxonnes. Francfort, Dublin, Luxembourg, Amsterdam ? Pour l’infrastructure, Paris est une destination naturelle.
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