Oxfam relance la charge contre les fonds de matières premières agricoles des banques françaises

L’ONG met à jour ses données sur les produits investis dans cette classe d’actifs. Des chiffres que les établissements concernés confirment en les nuançant.
Laure BERGALA

Deux ans après son étude sur les fonds exposés aux matières premières agricoles, Oxfam publie ce lundi un nouveau rapport sur «les activités spéculatives sur la faim» des banques françaises, qui concerneraient 3,5 milliards d’euros. Selon la Banque Mondiale, «les activités des fonds indiciels ont joué un rôle clé dans la flambée des prix alimentaires en 2008», et l’ONG reproche à ce type de fonds de rendre difficile l’accès à l’alimentation pour les 800 millions de pauvres de la planète.

Oxfam épingle trois acteurs en 2015. BNP Paribas conserve la première place avec 13 fonds pesant 1,318 milliard d’euros fin 2014, contre 10 fonds en 2013. Elle en aurait fermé 6 et ouvert 2, selon l’ONG. Laurence Pessez, déléguée à la RSE du groupe, répond que BNP Paribas a 8 fonds ouverts qui contiennent des matières premières agricoles pour 1,2 milliard d’encours, dont 220 millions exposés sur ces matières alimentaires, soit 0,04 % du total des actifs sous gestion du groupe. Elle rappelle que BNP Paribas a été la première en 2011 à encadrer ces activités, fermant des fonds «au nom du principe de précaution».

La Société Générale détient 1,359 milliard d’euros d’encours sur 7 fonds, dont 492 millions d’euros exposés aux matières premières agricoles. Deux fonds gérés par la banque et trois par Amundi ont été fermés depuis deux ans, selon Oxfam. A la suite du rapport de 2013, la banque s’était engagée à ne plus créer de fonds dont l’objectif est d’investir sur les matières agricoles. La Société Générale confirme les montants d’Oxfam et précise qu’elle s’est dotée d’une politique sectorielle en 2014 et ferme des fonds. Le taux d’exposition aux matières premières des véhicules concernés est d’environ un tiers chez elle, une proportion similaire à celle que confirme BNP Paribas.

Le rapport fait état d’un fonds de 884 millions d’euros d’encours chez Natixis, qui pesait 620 millions en 2013. Natixis précise qu’il s’agit d’un fonds de NGAM aux Etats-Unis, dont moins de 5% sont investis sur les matières alimentaires. Présent dans la précédente étude à travers trois fonds cogérés avec Amundi, le Crédit Agricole s’était engagé à les fermer et l’ONG constate qu’ils n’existent plus.

Outre les engagements pris par les établissements depuis sa première campagne, Oxfam voit des possibilités d’évolution avec l’entrée en vigueur cette année de mesures de la loi bancaire concernant une vigilance plus précise de la part de l’AMF.

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