Où les conditions monétaires sont-elles les plus souples?
Historiquement parlant, les conditions monétaires (la combinaison des taux d’intérêt à court terme et du taux de change effectif en termes réels) sont très souples aujourd’hui aux Etats-Unis, en zone euro et au Royaume-Uni. La Fed et la Banque d’Angleterre ont baissé les taux très rapidement, dès 2008, et la dépréciation du change est venue soutenir le mouvement, en particulier au Royaume-Uni où la livre s’est affaiblie jusqu’en 2009. De plus, la politique inflationniste menée par les autorités fiscales britanniques (hausse de la TVA notamment) a contribué à réduire les taux réels à un moment où la désinflation par les matières premières les faisait remonter ailleurs.
La BCE, elle, a patienté longtemps avant d’assouplir sa position. Le retard pris sur la Fed ou la BoE, alors que la récession est synchrone à l’ensemble du G7 en 2008-2009, est souvent justifiée par la rigidité des coûts salariaux unitaires plus importante en Europe que dans les économies anglo-saxonnes. Il nous semble au contraire que ces rigidités auraient dû inciter la BCE à agir vite sur les taux, dans la mesure où elles amplifient l’effet récessif d’un choc de demande, donc le risque de manquer la cible d’inflation à moyen terme.
Au Japon, les conditions monétaires ont été très souples jusqu’en 2008, la Banque du Japon pratiquant une politique à taux zéro depuis longtemps. Mais la soudaine appréciation du change, dans un contexte de déflation durable, en a annulé les effets, si bien que depuis 2009 la BoJ ne parvient plus à assouplir les conditions monétaires autant qu’avant la crise.
Si les conditions monétaires sont très souples historiquement parlant, à l’exception du Japon, rien ne dit qu’elles le soient assez au regard de la situation économique actuelle. Les taux longs réels sont par exemple positifs dans certains pays européens en récession. Aucune des quatre banques centrales n’a trouvé, pour l’heure, le moyen de s’affranchir de la limite imposée par les taux nominaux zéro.
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