Nyse Euronext poursuit sa diversification géographique
D’un strict point de vue financier, l’opération ne bouleversera pas les classements mondiaux des fusions et acquisitions. Mais l’entrée, à hauteur de 5%, de Nyse Euronext au capital de la Bourse indienne Multi Commodity Exchange (MCX), est emblématique du mouvement de diversification que la Bourse transatlantique a entrepris en termes géographiques et d’offre produits.
Pour 2,4 milliards de roupies (une quarantaine de millions d’euros), le groupe prend pied dans la première plate-forme de matières premières du sous-continent indien. Créé en novembre 2003, le MCX revendique 70 % du marché à fin décembre 2007 ainsi que le troisième rang des Bourses d’or dans le monde. Elle permet de traiter des dérivés sur 56 types de commodities, des métaux non ferreux aux légumineuses, en passant par le coton et le maïs, jusqu’aux crédits carbone. Les 5 % correspondent au plafond fixé en janvier dernier par les autorités indiennes pour toute participation étrangère au capital d’une Bourse de dérivés locales. Outre son actionnaire majoritaire Financial Technologies India, MCX compte à son tour de table une bonne dizaine de banques et d’assureurs indiens, ainsi que Citigroup et Merrill Lynch.
Ce n’est pas la première fois que la Bourse transatlantique fait une incursion en Inde. En juillet 2006, le Liffe, la plate-forme de dérivés d’Euronext, avait signé un accord de licence avec MCX pour lui fournir des prix sur certains contrats futures. Et l’an dernier, le groupe a acheté 5 % du National Stock Exchange, la première Bourse (cash et dérivés) du pays.
Tout en souhaitant élargir son offre vers les dérivés, Nyse Euronext a fait de l’Asie et de l’Amérique latine ses nouvelles terres de conquête. D’où la mise en place de partenariats, comme avec la Bourse de Tokyo, ou d’accords capitalistiques encore modestes mais qui lui permettent de poser des jalons. Suivant la même logique, le groupe a pris en octobre dernier environ 1% de son homologue brésilien Bovespa. C’est également vers ces pays asiatiques et latino-américains que le groupe porte ses aujourd’hui efforts de marketing, afin de vendre la marque du Nyse et d’attirer les émetteurs de ces pays sur ses places de cotation américaine et européennes.
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