« Nous préférons favoriser l’investissement dans les firmes globales »
L’Agefi : Pourquoi êtes-vous très prudent sur le CAC 40 à six mois, mais bien plus optimiste à horizon un an ?
Emmanuel Morano : Nous sommes globalement prudents sur les marchés de la zone euro au premier semestre de l’année. En effet, le rythme de croissance va ralentir. Par ailleurs, les problèmes liés au refinancement de la dette souveraine génèrent de la volatilité sur les marchés actions. Si la situation des principaux pays d’Europe du Sud reste sous contrôle, alors les marchés devraient renouer avec une tendance plus positive compte tenu de valorisations correctes à ce stade du cycle. Enfin, le potentiel de progression sur les secteurs/valeurs les plus internationales est moins important à court terme après leur nette surperformance en 2010, tandis que le secteur bancaire, dont la valorisation est basse, offre peu de visibilité compte tenu d’une conjoncture peu favorable, et d’une évolution plus structurelle de son activité.
Quelles places privilégiez-vous ?
Nous pensons que la nette surperformance des valeurs les plus globales depuis mi-2009 est le début d’une tendance de fond liée à une redistribution majeure des cartes entre grandes zones économiques, à une nouvelle spécialisation dont les lignes de séparation sont plus subtiles. A ce titre, les actions européennes (outre les firmes des zones émergentes qui atteignent un niveau concurrentiel à l’échelle globale) disposent d’un véritable avantage compétitif. Elles ont su capitaliser sur leur connaissance historique des débouchés dans les zones émergentes afin de dynamiser leurs ventes et leurs profits. Plutôt que raisonner en marché boursier, nous préférons donc favoriser l’investissement dans les firmes globales qui bénéficient d’un réel potentiel d’appréciation à moyen terme.
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