«Notre optimisme sur les actions découle de notre optimisme sur la conjoncture»
- L’Agefi: Pourquoi êtes-vous l’une des gestions les plus optimistes sur les actions européennes à horizon un an ?
- Matthieu Grouès: Notre optimisme sur les actions découle de notre optimisme sur la conjoncture. Parmi les éléments positifs, la baisse de l’euro et celle du pétrole sont bien identifiées mais le retournement du cycle du crédit nous semble sous-estimé : il soutiendra les financières et permettra une accélération de l’investissement de nature à aider les valeurs cycliques. Après plusieurs années où les prévisions des analystes, optimistes en début d’année, ont été systématiquement révisées en baisse, le mouvement s’est enfin inversé. Cette dynamique haussière devrait se refléter dans la performance des marchés. Dans ce contexte favorable, il reste un facteur de risque : le dossier grec qui pourrait causer une correction s’il venait à mal finir. Mais celle-ci ne devrait être que passagère.
- En revanche, vous faites preuve de beaucoup de prudence sur le marché américain. Pour quelles raisons ?
- Parce qu’il a fortement progressé sur les dernières années ! Là où la zone euro entame une phase de croissance des bénéfices par action, les Etats-Unis ont vu plusieurs années de forte hausse: les marges sont au plus haut et les valorisations élevées. On commence à observer une accélération des salaires, qui risque d’éroder la rentabilité des entreprises. La hausse passée du dollar va également peser sur les résultats réalisés à l’international. Dans ce contexte de valorisation plus tendue, le marché pourrait également faire preuve de nervosité à cause de la politique monétaire de la Fed.
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