Natixis subit un trou d’air dans la gestion d’actifs
La filiale de BPCE nomme l’ex-banquier d’affaires Jean Raby à la tête de Natixis Global Asset Management, qui a cumulé baisse de revenus et décollecte en 2016.
Publié le
Amélie Laurin
Natixis Global Asset Management a enregistré 12 milliards d’euros de sorties nettes l'an dernier.
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Photo Natixis.
Natixis tourne une page dans la gestion d’actifs. La banque de gros de BPCE a annoncé hier soir la nomination de Jean Raby en tant que directeur général de Natixis Global Asset Management (NGAM). Il sera également membre du comité de direction générale de la banque, en charge des métiers de gestion d’actifs, banque privée et private equity. Il remplace Pierre Servant, en poste depuis dix ans, qui se retire pour raisons de santé et devient conseiller de Laurent Mignon, le directeur général de Natixis.
Ancien directeur financier de SFR, Jean Raby aura pour mission de faire oublier l’année mitigée du pôle de gestion d’actifs de Natixis, qui ternit les bons résultats publiés hier soir par la banque. Cet ancien co-dirigeant de Goldman Sachs à Paris a notamment été choisi en raison de sa double culture franco-canadienne, comme le franco-américain Matthieu Duncan nommé l’an dernier à la tête de la branche française Natixis AM (NAM).
Atypique par sa double assise européenne et américaine et son modèle multi-boutiques, NGAM a vu ses revenus fléchir de 8% l’an dernier à 3,36 milliards d’euros, et même de 15% au cours du dernier trimestre. Ce trou d’air s’explique par la chute de 47% des commissions de surperformance en Europe au cours de l’exercice, après les «performances remarquables en 2015» de sa petite boutique de gestion alternative H2O, a précisé Laurent Mignon lors d’une conférence téléphonique. Les revenus de Natixis dans la banque privée ont également chuté en raison des revers de performance de Vega Investment Managers, filiale commune de la Banque Privée 1818 et de NAM.
NGAM accuse par ailleurs sa première décollecte depuis 2012, avec 12 milliards d’euros de sorties nettes l’an dernier. Le phénomène a quasiment cessé au dernier trimestre avec des flux positifs de 2,2 milliards d’euros en Europe et des sorties limitées à 2,9 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) aux Etats-Unis, où les retraits annuels ont atteint 19 milliards d’euros selon nos calculs. «Aux Etats-Unis, la décollecte arrive à son terme», a assuré Laurent Mignon. Restés stables en 2016, les encours de NGAM outre-Atlantique sont repassés sous le niveau des actifs européens, en hausse de 7%. Les actifs globaux de NGAM ont tout de même crû de 30 milliards d’euros sur l’année, à 832 millions d’euros, principalement grâce à un effet de marché positif (33 milliards d’euros).
Depuis le début de son plan stratégique 2013-2017, les encours de NGAM ont grimpé de 241 milliards d’euros, soit une croissance annuelle moyenne de 9,8%. La banque a donc dépassé son objectif initial d’une hausse de 5% par an aux Etats-Unis et en Europe (et de 13% en Asie où les actifs sont encore très faibles). Le coefficient d’exploitation de 71% de sa division Epargne (qui inclut aussi l’assurance et la banque privée) reste en revanche au-dessus de 65% visés pour fin 2017. Mais Natixis a lancé un plan de transformation visant à économiser 250 millions d’euros par an dans tous ses métiers à partir de fin 2019.
La banque a en revanche déjà dépassé certains objectifs 2017, avec des revenus totaux dépassant 8 milliards d’euros en 2016 et un rendement des fonds propres supérieur à 13% dans ses métiers cœur, a souligné Laurent Mignon. Depuis 2013, elle a signé 1,1 milliard d’euros d’acquisitions en banque d’affaires, gestion d’actifs (DNCA…) et dans les paiements, alors qu’elle visait au départ 1,5 milliard dans la gestion. Sur les 6 milliards de capital générés en trois ans, elle a aussi consacré 3,3 milliards d’euros à son dividende et 1,6 milliard à l’amélioration de sa solvabilité. Natixis présentera le 20 novembre son plan stratégique 2018-2020.
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