Nasdaq OMX et ICE cherchent la faille dans l’engagement de Deutsche Börse
Nasdaq OMX et ICE mettent davantage la pression sur Nyse Euronext, qui s’accroche toujours à son projet de fusion avec Deutsche Börse. Les deux Bourses américaines ont soumis mardi à Jan-Michiel Hessels, président du conseil de Nyse Euronext leur proposition d’accord de fusion.
Alors qu’il réaffirme sa supériorité d’un point de vue stratégique et financier, le tandem fait la lumière sur le financement de son projet. Les prédateurs financeront la partie cash du prix d’acquisition grâce à de la trésorerie liquide et un financement de 3,8 milliards de dollars de la part de syndicats bancaires. Pour sa part de financement, Nasdaq OMX a signé et reçu un engagement de Bank of America, Nordea Bank, SEB et UBS. Wells Fargo et Bank of America se sont engagés avec ICE.
Mais les prédateurs ont surtout dévoilé une indemnité de rupture de contrat de 350 millions de dollars qu’ils s’engageraient à verser à Nyse Euronext en cas de blocage de la transaction par les autorités antitrust. Ce qui illustre selon eux leur confiance dans l’obtention du feu vert des régulateurs. «Comme vous le savez, Deutsche Börse n’a pas exprimé un degré de confiance similaire vu qu’il n’est pas obligé de payer d’indemnité à Nyse Euronext si la transaction est bloquée par les autorités», précisent Bob Greifeld et Jeffrey Sprecher, les présidents respectifs de Nasdaq OMX et ICE dans leur lettre. Le duo suggère qu’en cas de cessions d’activités se faisant au détriment de Deutsche Börse, ce dernier pourrait décider de mettre fin à son projet de fusion sans payer d’indemnité à Nyse Euronext et à ses actionnaires.
Le document envoyé par le tandem européen à la SEC détaille les différents cas de rupture de contrat. Dans l’hypothèse d’une proposition d’acquisition sur Nyse Euronext, de la prise de connaissance d’une telle offre par son conseil après la date de l’accord avec Deutsche Börse et avant l’AG des actionnaires de Nyse Euronext, et de la rupture de l’un ou l’autre partenaire de cet accord, le groupe transatlantique paiera l’indemnité de 250 millions d’euros. Dans le cas d’une offre sur Deutsche Börse, l’approche est à peu près similaire, l’opérateur d’outre-Rhin devant payer une «termination fee» pour le même montant. Mais le rapport n'évoque pas d’indemnité liée au risque antitrust. Ce qui est logique: on voit mal lequel des deux groupes, engagés dans une démarche amicale, devrait la payer.
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