Moody’s tempère le vent d’optimisme qui souffle sur les marchés japonais
Moody’s joue les Cassandre sur le Japon. «Un assouplissement monétaire de cette ampleur est inconnu, et l’efficacité réelle et le temps qu’il faut pour que les mesures de la BoJ produisent leurs effets attendus sur l’économie sont incertains», indique l’agence dans un rapport publié hier.
La note attribuée à la dette de l’Etat nippon a néanmoins été maintenue à Aa3, avec une perspective stable, du fait de l’importance de l’épargne domestique et de sa très solide position d’investisseur international qui immunise son économie des chocs externes de marché et génère des entrées de capitaux substantielles.
La dernière réunion du comité de la BoJ avait provoqué l’enthousiasme des marchés. «Cela faisait presque 20 ans que les investisseurs dans les marchés japonais n’avaient pu bénéficier d’une bonne surprise» estime la société de gestion GaveKal. Le rendement des obligations d’Etat (JGB) à 10 ans a chuté à un plus bas historique de 0,315% jeudi dernier à la suite de la réunion de la BoJ, avant de remonter à 0,53% hier.
Moody’s prévoit que les JGB continueront de bénéficier de la politique monétaire de la BoJ jusqu’en 2014. L’horizon devient néanmoins ensuite plus incertain, selon l’agence. Celle-ci souligne les risques d’une «crise de financement des JGB» qui mettrait en péril les faibles coûts de financement dont bénéficie actuellement Tokyo. En outre, la proportion de la dette d’Etat japonaise détenue par les investisseurs étrangers a atteint un record fin septembre 2012 de 9,1%, avant de redescendre légèrement à 8,7% fin 2012.
Dans ce contexte, Moody’s met en garde le gouvernement sur la nécessité d’accompagner ces mesures par une politique de réformes budgétaires crédible. «Une marée de liquidités bon marché n’aura certainement pas un effet durable sur le redémarrage de l’économie et pourrait conduire à des effets négatifs non désirés sans une politique de consolidation fiscale et la mise en place de réformes complémentaires tournées vers l’offre».
La semaine dernière, le gouverneur de la BoJ avait lui-même considéré devant le parlement que la dette du pays «n’est pas soutenable» et qu’une baisse de confiance dans l’état des finances publiques pourrait avoir «des effets extrêmement négatifs» sur l’économie. Le premier ministre Shinzo Abe a semblé entendre ces remarques hier en indiquant qu’un programme de réforme sera présenté pour empêcher toute hausse des rendements.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français