Moody’s s’aligne sur S&P en plaçant la Russie en catégorie spéculative
La crise en Ukraine, la baisse des prix du pétrole et la baisse du rouble ont conduit Moody’s à dégrader d’un cran la note de la dette Russe en catégorie spéculative, à Ba1, la semaine dernière. Standard & Poor’s avait déjà franchi ce pas à la fin du mois de janvier, ce qui devrait forcer des gérants à céder de la dette russe. Hier, le rouble perdait encore de sa valeur pour atteindre 63,3 roubles pour 1 dollar et 71,8 roubles pour 1 euro. Le rendement de la dette russe à 10 ans libellée en dollars se tendait de plus de 30 points de base, pour atteindre 6,56%.
La note de Moody’s est assortie d’une perspective négative. Aux yeux de l’agence, «les sanctions actuelles et les sanctions futures potentielles, l’érosion des réserves de change du pays, la persistance de la faiblesse des prix du pétrole ainsi que l’inflation élevée et montante, vont avoir un impact négatif sur les revenus ainsi que sur la confiance des entreprises et des consommateurs». Alors qu’en raison du conflit en Ukraine, les occidentaux ont limité l’accès des entreprises russe aux marchés, le PIB a crû de seulement 0,6% en Russie en 2014, selon la Banque centrale Russe. Celle-ci s’attend «à une nouvelle baisse significative de l’activité».
Aux yeux de Moody’s, «les autorités monétaires doivent faire face à des objectifs contradictoires, elles doivent garder les taux d’intérêt suffisamment hauts pour maintenir le taux de change et faire baisser l’inflation mais à la fois suffisamment bas pour revigorer l’économie et la solvabilité des banques». Fin janvier, la Banque centrale a ramené son taux directeur à 15% du PIB après l’avoir augmenté de 10,5% à 17% en décembre dernier. Selon la banque, l’inflation est ressortie à 11,4% en 2014.
En janvier, S&P a dégradé la note russe de BBB- à BB+. Même si le pays est encore noté BBB- par Fitch, le passage de la note du pays en catégorie spéculative aux yeux de deux des trois grandes agences devrait forcer des gérants d’actifs à céder leurs titres russes. Moody’s a par ailleurs abaissé le plafond souverain qui s’applique à la note des émetteurs russes.
«Nous nous attendons à ce que les entreprises et les banques en catégorie d’investissement soient dégradées en catégorie spéculative», prévient la recherche de Barclays. La banque a d’ores et déjà prévu de sortir de la dette souveraine russe de l’un de ses indices à la fin de février.
Plus d'articles du même thème
-
Ryanair est dans le viseur de l’autorité britannique de la concurrence
Le régulateur ouvre une enquête concernant les frais facturés par la compagnie irlandaise pour permettre aux parents de s’asseoir aux côtés de leurs enfants. -
Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
Concrètement, les entreprises concernées sortaient déjà de ses solutions d’investissement en raison de controverses ESG majeures. La fondation suisse fustige les comportements de certains pétroliers, notamment TotalEnergies, Exxon Mobil ou BP. -
Les ingrédients naturels, terrain de chasse à tous les étages du capital investissement
Portée par la réglementation, l’urgence environnementale et l'exigence croissante de transparence des consommateurs, la demande d’ingrédients naturels attire les gérants, depuis le venture jusqu’au buyout. -
Airbus signe un partenariat avec la start-up française de défense Alta Ares
Le groupe aéronautique a annoncé, jeudi 11 juin, la signature d’un accord non contraignant avec à la start-up française spécialisée dans la lutte contre les drones, qui vient de lever 50 millions d’euros. -
Praemia REIM France nomme une directrice commerce, résidentiel et hôtellerie
Quelques semaines après avoir accueilli un nouveau directeur général et un nouveau directeur financier, la société de gestion poursuit sa réorganisation avec cette nomination au pôle immobilier. -
Hugo Boss bondit en Bourse après une offre de Frasers
Alors qu'il est confronté à une baisse de ses ventes depuis plusieurs années, le groupe de mode allemand a indiqué qu'il étudierait l'offre publique d'achat formulée par l'empire de la distribution contrôlé par le milliardaire Mike Ashley.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
L’Arcom met en demeure Radio France pour sous-représentation du RN
L'Arcom a annoncé ce jeudi mettre en demeure Radio France pour avoir « majoritairement » diffusé la nuit les interventions des représentants du Rassemblement national -
Le cercle des initiésLa finance italienne se met au football total
L'OPA d’Intesa Sanpaolo sur Monte dei Paschi met en ébullition le secteur bancaire italien, et au-delà. A Wall Street, si l'arrivée de SpaceX s'annonce triomphale, les lendemains pourraient déchanter. -
Tribune libreQuand les vieux démons du centralisme refont surface
« Nous disons à tous les technocrates qui pensent savoir mieux gérer une collectivité que ceux qui ont été élus au suffrage universel direct pour le faire (...) : le pays n’a plus de temps à perdre avec ces méthodes révolues »