Moody’s met en garde contre une restructuration de la dette grecque
Malgré les privatisations dévoilées par le gouvernement grec lundi soir, l’inquiétude ne faiblit pas sur le marché de la dette d’Etat. Le rendement de la dette à 10 ans s’est détendu de 29 pb à 16,32%, après s’être écarté de 44 pb lundi, pour atteindre un record à 16,8 %. Alors qu’une restructuration douce, ou un reprofilage, a de nouveau été évoquée hier par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, la ferme opposition des représentants de la BCE à ce système a semé le trouble depuis la semaine dernière.
Hier matin, c’était au tour de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, de confirmer ce point de vue. Une restructuration de la dette publique de la Grèce serait le «scénario de l’horreur» et il est très probable qu’un allongement des maturités de ses emprunts soit jugé équivalent à un défaut, a-t-il expliqué. Une restructuration, «c’est l’effondrement de l'économie grecque (…) C’est la raison pour laquelle nous avons toujours dit : la restructuration n’est pas une solution», a-t-il ajouté.
Les conséquences d’une restructuration dépasseraient la Grèce, a souligné hier l’agence de notation Moody’s, pour qui toute forme de reprofilage de la dette grecque sera considérée comme un défaut. Ce dernier aurait des implications négatives sur la note de la Grèce, mais aussi sur les autres Etats européens dans une situation difficile et sur les banques grecques. En cas de défaut de la Grèce, «l’attention se porterait sur le Portugal et l’Irlande, qui ont aussi fait appel à l’aide du FMI et de l’Union européenne, a expliqué Alastair Wilson, le responsable de la notation pour la zone EMEA à Reuters. Les notes des pays les plus faibles pourraient alors être abaissées de plusieurs crans, potentiellement dans la catégorie ‘junk’», a-t-il ajouté.
La contagion serait toutefois circonscrite à ces trois pays. «L’Espagne n’est pas dans la même catégorie que le Portugal et l’Irlande», précise Alastair Wilson. Le pays a d’ailleurs émis hier 2,3 milliards d’euros d’obligations à 3 et 6 mois à des rendements de 1,38% et 1,76%, stables et en baisse par rapport aux précédentes émissions sur ces maturités. Toutefois, ajoute le professionnel de l’agence de notation, même les Etats un peu plus solides de la zone euro risquent de subir une forte pression du marché et, fort probablement, une hausse du coût d’accès au marché en cas de défaut grec.
Plus d'articles du même thème
-
Generali suit son chemin sans se laisser distraire
L’effervescence du secteur bancaire italien alimenté par de putatifs projets de consolidation ne perturbe pas le premier assureur du pays qui ne dévie pas d’un pouce de sa trajectoire stratégique. Cette posture profite plutôt à Generali qui présente de solides résultats au premier semestre. -
L’hémorragie se poursuit sur le secteur des semi-conducteurs
Après la correction de juillet, les valeurs de semi-conducteurs peinent à rebondir face aux attentes hors normes des investisseurs. -
L’optimisme accru de Siemens laisse les investisseurs sur leur faim
La moindre croissance relative des automatismes et logiciels industriels du groupe allemand a éclipsé le relèvement de sa prévision de bénéfice par action pour l’exercice en cours. -
L’émission obligataire d’AT&T reflète une approche plus prudente des investisseurs
Le géant américain des télécoms a réalisé fin juillet une émission obligataire jumbo en cinq tranches, en euro et en livre sterling, rare en cette période estivale. Mais après un mois de juillet chahuté, les investisseurs réclament plus de prime et préfèrent des durations courtes. -
Triodos IM nomme un nouveau directeur de la division actions et obligations à impact
Avec le départ à la retraite de William de Vries, le gestionnaire d’actifs néerlandais a décidé de nommer Jorik van den Bos pour le remplacer. -
Diageo se met au régime sec pour ressourcer sa croissance
Englué depuis des années, le géant britannique des spiritueux adopte un plan d’économies d’un milliard de dollars. Pour mieux réinvestir et se réinventer.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Gestion d'actifs : le bilan de juillet 2026
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Goldman Sachs AM lance une plateforme d’investissement basée sur l’IA
- Allianz valorise Pimco au moins 31,8 milliards d’euros en rachetant ses actionnaires minoritaires
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public