Michelin reste assez flou sur ses perspectives 2008
Sans véritablement décevoir, les résultats de Michelin ont laissé vendredi les investisseurs sur leur faim. En témoigne le recul du titre de 2,84 %. Premier élément : bien qu’ayant absorbé une hausse des coûts externes de 142 millions d’euros ainsi qu’un impact de change de -217 millions, comme le montre la hausse de 22,9 % du résultat opérationnel (1,645 milliard d’euros), le groupe auvergnat a manqué le consensus Reuters en termes de marge opérationnelle. A 9,8 % (+1,6 point), elle reste inférieure de 0,4 point aux projections moyennes du marché.
Michelin a tout de même pris soin d’expliquer qu’il ne fallait pas y voir un souci opérationnel. Le décalage provient en fait d’une « charge ponctuelle de 74 millions d’euros liée à l’effet de l’application de la nouvelle loi de financement de la Sécurité Sociale française 2008, votée en décembre 2007, relative aux indemnités de fin de carrière ». En l’excluant, la marge serait bel et bien ressortie à 10,2 % grâce à l’effet qu’ont eu les volumes sur le résultat opérationnel (+200 millions) et à l’impact du maintien du mix à un niveau élevé (+548 millions).
Mais le marché s’est également montré réservé vis-à-vis du discours du fabricant de pneumatiques pour 2008. Le consensus Bloomberg anticipait une nouvelle progression de la marge autour de 10,5 %. Or, Michelin s’est contenté de rappeler l’engagement de marge de plus de 10 % de son plan Horizon 2010 et de prévoir pour cette année une progression des ventes et du résultat opérationnel. Seul véritable donnée chiffrée avancée pour 2008, les surcoûts liés à la hausse du prix des matières premières devraient atteindre les 200 millions d’euros, contre 72 millions en 2007.
Si cette publication a provoqué un trou d’air en Bourse, elle n’a pas pour autant suffi à remettre en cause l’optimisme fondamental affiché par les experts du secteur. Elle peut même selon certain représenter une belle opportunité d’entrée. Ainsi, Landsbanki Kepler juge que les progrès effectués par l’industriel sont très loin d’être intégrés dans le cours. Et pour le groupe, une marge de manœuvre demeure puisqu’il veut continuer à faire jouer son pricing power et assure qu’il « poursuivra ses efforts, en termes de gains de productivité et de réduction des frais de structure, pour améliorer sa compétitivité ». Les experts y croient, qui accordent au titre une marge de progression de plus de 65 %.
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