MBIA explore toutes les pistes pour conserver sa notation
Le rehausseur de crédit baisse son dividende et renforce ses fonds propres à hauteur d’un milliard de dollars, seul moyen de ne pas être dégradé
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Alexandre Garabedian
Premier rehausseur de crédit au monde, MBIA s’efforce de sauver sa notation AAA. Un enjeu crucial pour les 652 milliards de dollars d’obligations que l’assureur garantit en cas de défaut de paiement de l’émetteur, et plus largement pour les marchés de crédit. Hier, le groupe américain a annoncé deux nouvelles mesures en ce sens. Il va réduire son dividende trimestriel de 34 cents à 13 cents par action, ce qui lui permettra d’économiser 80 millions de dollars (55 millions d’euros) en rythme annuel.
Par ailleurs, l’assureur s’apprête à émettre ces prochains jours pour 1 milliard de dollars d’obligations qui seront considérées comme du capital par les agences de notation. L’opération sera menée par Lehman Brothers, JPMorgan et Morgan Stanley. « Si MBIA achève avec succès cette offre à un niveau de 1 milliard ou plus, il aura répondu efficacement à son défaut de capital actuel », a estimé hier Fitch. L’agence avait placé sous surveillance négative la note AAA du groupe et indiqué qu’elle pourrait le dégrader le 20 décembre. MBIA avait alors fait part à la surprise générale d’une exposition de 8,1 milliards de dollars à certains CDO (collateralized debt obligations) particulièrement risqués.
L’assureur monoline a précisé hier s’attendre à une perte de 737 millions de dollars au quatrième trimestre relative aux difficultés de l’immobilier à risque américain. La valeur de marché (mark-to-market) de ses dérivés de crédit a décru de 3,3 milliards entre fin septembre et fin décembre – une perte théorique tant que MBIA ne doit pas effectivement engager sa garantie.
L’impact de la crise du subprime avait déjà conduit le groupe à se tourner vers le fonds Warburg Pincus pour une injection d’argent frais de 1 milliard. MBIA doit également réassurer à court terme une partie de son portefeuille, pour diminuer de 50 à 150 millions ses exigences en capital. Reste à espérer que l’ensemble de ces mesures suffiront.
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