Matteo Renzi n’est pas au bout de ses peines
« Seul l’avenir dira si l’Italie peut réellement être érigée en exemple ». Une récente étude, publiée par l’Institut de l’entreprise et consacrée à l’économie de la péninsule, souligne bien l’ampleur des efforts que Matteo Renzi, le président du conseil italien, met en œuvre depuis plusieurs mois pour restaurer la compétitivité de son pays, mais se garde bien de pronostiquer son succès.
Publiée mardi 24 février, cette analyse est intitulée « Italie : le chemin escarpé des réformes ». Son auteur, Charles Trottmann, un inspecteur des finances, décrit dans le détail l’état de l’économie italienne avant la crise et après la crise, les efforts du gouvernement Renzi pour redresser le budget et les réformes structurelles réalisées ou en cours.
Troisième économie de la zone euro avec un PIB de 1.560 milliards d’euros en 2013, l’Italie passait pour « l’homme malade de l’Europe ». Elle est entrée dans la crise financière avec le handicap d’une économique fragilisée. De 1997 à 2007, elle a connu la croissance par habitant la plus faible des pays membres de la zone euro. Au cours de cette période la compétitivité de l’Italie s’est fortement dégradée et la dette publique alourdie.
Selon Charles Trottmann, la crise financière et économique a eu deux impacts : une « chute brutale » de sa production industrielle en 2009 suivie de la crise de la dette souveraine en 2011. Sous la pression des marchés et l’Union européenne, le pouvoir a entamé un assainissement budgétaire. Il a également été contraint d’engager des réformes structurelles portant sur les retraites, le marché du travail et le marché des biens, dans un « contexte politique propice aux réformes » après la chute de Berlusconi.
Pour autant, conclut Charles Trottmann, au vu de la situation de l’économie italienne, le bénéfice tiré de ces réformes reste incertain. Il sera très lié au soutien apporté par l’opinion à une politique qui passe aussi par le gel des rémunérations des fonctionnaires et la baisse de leur recrutement.
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