Mary Jo White assure vouloir faire preuve d’agressivité à la tête de la SEC

Auditionnée par la commission bancaire du Sénat, l’ancienne avocate entend s’attaquer aux dérives du trading haute fréquence
Antoine Duroyon

Présentée le 24 janvier dernier par le président américain Barack Obama, Mary Jo White a adopté «une ligne dure» hier lors de son audition de confirmation par la Commission bancaire du Sénat. Celle qui prend la relève de Mary Schapiro à la tête de la Securities Exchange Commission doit faire face à une double difficulté : défendre la mission de l’autorité de régulation et consolider sa légitimité.

Première femme à hériter du fauteuil de procureur fédéral à Manhattan en 1992, elle a ensuite rejoint dix ans plus tard le cabinet new-yorkais Debevoise Plimpton où elle a notamment défendu de grands noms de Wall Street (dont JPMorgan et l’ancien patron de Bank of America Kenneth Lewis). De quoi faire courir des risques de conflit d’intérêts dans ses nouvelles fonctions.

Devant la Commission bancaire du Sénat, Mary Jo White a voulu donner des gages d’intransigeance. «S’attaquer de manière agressive aux fautifs n’est pas seulement la bonne chose à faire, mais c’est aussi ce qui servira à prévenir les pratiques malhonnêtes et illégales des autres», a-t-elle justifié.

Tout en se gardant de rentrer dans les détails, Mary Jo White a indiqué aux sénateurs que sa feuille de route contiendrait en bonne place les enjeux liés à la structure de marché (trading haute fréquence, algorithmes, dark pools). «Il doit y avoir un sens de l’urgence dans le traitement de ces problèmes afin de comprendre leur impact sur les investisseurs et la qualité de nos marchés, de telle manière que des réponses réglementaires appropriées puissent être apportées», a-t-elle souligné. La SEC a déjà été amenée à se saisir de ces sujets après le «flash crash» du 6 mai 2010.

Par ailleurs, Mary Jo White a insisté sur la nécessité pour la SEC de finaliser les règles requises par la loi Dodd Frank de 2012 ainsi que celles relatives au «Jumpstart Our Business Startups Act» de 2012. Elle a également pointé du doigt l’importance d’une étude attentive de l’impact économique de toute nouvelle régulation, et cela «dès le commencement». Des erreurs dans des analyses coût-bénéfice ont enrayé l’action de la SEC par le passé, conduisant certains représentants de l’industrie à obtenir des succès sur le terrain judiciaire.

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