Mark Carney confirme à la tête de la BoE sa réputation de colombe
Tout juste arrivé à la tête de la Banque d’Angleterre (BoE), Mark Carney n’a pas déçu. A l’issue de sa réunion de politique monétaire, la BoE a, sans surprise, décidé de maintenir sa politique monétaire inchangée. En revanche, la banque centrale a, de façon inhabituelle, publié un communiqué où elle s’inquiète de la récente hausse des taux et laisse entendre qu’elle pourrait adopter une «politique d’orientation des anticipations».
Selon la BoE, les signes annonciateurs de la reprise se multiplient mais «le mouvement à la hausse sur les marchés des taux d’intérêt devrait peser sur ces perspectives. Aux yeux du comité de politique monétaire, la hausse implicite anticipée du taux de la BoE n’est pas justifiée au regard des développements récents de l’économie domestique. Cela nous dit tout simplement que l’amélioration récente des indicateurs économiques ne doit pas être interprétée comme l’annonce d’une prochaine sortie de la BoE de sa politique accommodante, écrit l’économiste d’UniCredit, Vasileios Gkionakis, les taux d’intérêt vont rester bas encore longtemps». «Ce sont des propos assez offensifs qui suggèrent que Carney se situe clairement du côté des colombes», renchérit James Knightley chez ING.
Les marchés ont sensiblement réagi à ces déclarations. Les titres d’Etat à 5 ans britanniques se détendaient de 5 points de base à 1,36%. Tandis que la livre s’affaiblissait par rapport à l’euro et au dollar. L’euro/livre montait à 0,86 tandis que la parité dollar/livre passait de 0,65 à 0,66.
La BoE rappelle aussi que le chancelier de l’Echiquier lui a demandé d’étudier, d’ici au mois d’août, l’opportunité d’adopter une politique d’orientation des anticipations (forward guidance). «Nous pensons que la déclaration d’aujourd’hui représente déjà un début de politique d’orientations des anticipations via des seuils que le Comité de politique monétaire devrait introduire en août», écrit Jens Larsen, chez RBC Capital Markets.
Le chef économiste partage en cela l’avis de beaucoup de ses homologues. «Les chances d’assister à une extension du programme de rachats de titres d’Etat de 25 milliards de livres sont désormais beaucoup plus importantes», assure Ross Walker chez RBS. Simon Hayes chez Barclays estime au contraire qu’une politique de «forward guidance» réduirait la probabilité d’un nouvel assouplissement.
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