Mario Draghi défend l’efficacité des TLTRO devant les eurodéputés
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a une nouvelle fois défendu l’efficacité des mesures non conventionnelles de politique monétaire annoncées cet été lors de son audition par les eurodéputés hier après-midi.
La semaine dernière, 255 banques ont emprunté quelque 83 milliards d’euros à la BCE, à l’occasion de la première des opérations de refinancement ciblées sur l’économie réelle (TLTRO), annoncées en juin. Si ce montant était inférieur aux attentes du marché, «il est dans la fourchette des retraits auxquels nous nous attendions sur la base du comportement des banques observé lors des précédents programmes», a expliqué Mario Draghi. Les banques pourront aussi se financer à bas coût auprès de la BCE en décembre et les deux premières opérations doivent être évaluées ensemble, a souligné le banquier central. Avant d’ajouter: «il est trop tôt pour évaluer l’impact des TLTRO sur l’ensemble de l’économie mais l’annonce de leur lancement a déjà eu un impact notable sur le sentiment du marché».
Le président de la BCE a également défendu l’utilité des programmes d’achat de titrisations (ABS) et d’obligations sécurisées (covered bonds) au sujet desquels il n’y avait pas d’unanimité au sein du conseil des gouverneurs lors de leur annonce en septembre. Aux yeux de Mario Draghi, le stock d’ABS éligibles est «assez important». «Nous sommes confiants dans le fait qu’il va augmenter en raison de notre intervention sur le marché», a-t-il défendu. «L’activité sur le marché secondaire et les émissions devraient croître sur les segments [de marché] qui sont aujourd’hui inactifs». La BCE ne compte acheter que les tranches seniors de titrisations qui sont éligibles à ses opérations de refinancement et les tranches de titrisations mezzanines qui sont garanties par une entité nationale ou supra-nationale.
Alors que certains participants du marché doutent de l’efficacité d’un programme d’achat d’obligations sécurisées sur un marché en plein repli, «nous nous attendons à ce que les banques réagissent aux incitations sur le marché en originant davantage de titres sécurisés vendables et donc davantage de prêts pour les collatéraliser», a fait valoir Mario Draghi. A ses yeux, la BCE est en train de passer d’une politique d’allocation de crédit passive à une politique de gestion active de son bilan.
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