Man Group renforce avec Numeric Holdings sa diversification outre-Atlantique

Le groupe britannique s’empare du gestionnaire quantitatif de Boston pour un montant pouvant atteindre 495 millions de dollars
Benoît Menou

Man Group se donne les moyens de réaliser son rêve américain. Dix jours seulement après avoir annoncé le rachat aux Etats-Unis de Pine Grove AM, dont le montant des actifs est voisin d’un milliard de dollars, le gestionnaire alternatif britannique a dévoilé le rachat du spécialiste de la gestion quantitative Numeric Holdings, une prise d’une toute autre envergure avec 14,7 milliards sous gestion à fin mai. Les actifs du nouvel ensemble tutoient ainsi le seuil des 70 milliards de dollars.

Alors que Man Group avait indiqué fin mai se trouver en négociations avec les actionnaires de Numeric, au premier rang desquels ses salariés et TA Associates, les modalités de l’opération précisées hier ont ravi les opérateurs boursiers, le titre Man Group s’adjugeant hier un bond de 6,0% à 105,1 pence. «Il s’agit d’une opération à bon prix, dont l’acquéreur attend un impact positif sur son résultat dès la finalisation», attendue en septembre, a salué l’analyste Phil Dobbin pour Espirito Santo IB.

De fait, Man Group est convenu d’un paiement en numéraire en deux échéances, une pratique courante dans le secteur. Après avoir versé immédiatement 219 millions de dollars, l’acquéreur déboursera cinq ans après finalisation de la transaction un complément pouvant atteindre jusqu’à 275 millions en fonction des performances de Numeric. L’acquéreur n’épuise pas encore de la sorte la totalité de son trésor de guerre, son surplus de capital réglementaire atteignant 550 millions de dollars à fin 2013.

L’opération permet à Man Group de respecter l’objectif de diversification brandi par son directeur général Emmanuel Roman, en termes tant géographiques que d’expertises de gestion. S’adressant uniquement aux investisseurs institutionnels, Numeric déploie en effet une gestion longue (long only) pour 93% de ses actifs, ce qui fera baisser de 12 points à 55% la part de l’alternatif (long-short) dans le nouveau groupe.

En parallèle, le poids relatif de la clientèle américaine doublera à 15%, même si l’Europe représente tout de même 46% de la clientèle de Numeric et l’Asie 8%. Mais avec un montant d’actifs doublé depuis fin 2012, Numeric, qui conservera son indépendance de gestion, devrait davantage encore imprimer sa marque au sein du groupe. A l’heure de lier son destin à celui de Man, le directeur général du gérant américain, Mike Even, s’est permis d’évoquer l’arrivée d’un «parfait partenaire stratégique».

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