Madrid se défend d’avoir cédé aux pressions budgétaires de la BCE
Le gouvernement espère économiser 5 milliards d’euros en modifiant le calendrier de l’impôt sur les sociétés et en réduisant les dépenses de santé
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Elodie Cuzin, à Madrid
Malgré la tempête, Madrid maintient son objectif de réduction du déficit public (6% du PIB cette année) et se défend d’agir sous la pression des marchés ou de la Banque centrale européenne. Le nouveau tour de vis qui devrait permettre de dégager 5 milliards d’euros supplémentaires avait été annoncé par le Premier ministre, José Luís Rodriguez Zapatero, dès le 29 juillet. «La décision précède les turbulences de la semaine dernière», souligne-t-on au ministère espagnol de l’Economie, où l’on maintient également les prévisions de croissance du pays (1,3% du PIB).
La crise de la dette a cependant pu pousser la ministre de l’Economie, Elena Salgado, à donner plus de détails dès dimanche sur les mesures qui seront adoptées par décret les 19 et 26 août. L’exécutif espère engranger 2,5 milliards d’euros supplémentaires cette année en avançant l’acompte de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises. L’organisation patronale CEOE dénonce une initiative qui «rendra encore plus difficile la sortie de crise». Le gouvernement prévoit aussi d’assouplir le contrat à temps partiel malgré l’opposition des syndicats.
Madrid compte en outre réduire de 2,4 milliards les dépenses de santé en forçant la vente sur ordonnances de médicaments génériques. Cette mesure soulagera les finances des régions, responsables du budget de la santé en Espagne. Or ce sont elles qui suscitent le plus d’inquiétudes. «Alors que le gouvernement central semble être sur la bonne voie, environ la moitié des régions ne pourront vraisemblablement pas respecter leur objectif de déficit de 1,3% du PIB», souligne Antonio Garcia Pascual, économiste chez Barclays Capital.
Deux autres des mesures attendues visent justement à resserrer le contrôle des finances régionales. Les comptes trimestriels des régions seront harmonisés avec la comptabilité nationale dès le troisième trimestre afin d’en améliorer la «transparence». Elena Salgado espère en outre que les parlements régionaux suivront l’exemple de Madrid en introduisant une règle de plafonnement des dépenses d’ici à la fin de l’année. Une mesure jugée cruciale par les analystes mais que le gouvernement central ne peut imposer dans un système fiscal espagnol quasi-fédéral. Plus de la moitié des régions sont aujourd’hui gouvernées par le Parti populaire (PP, droite). Les sondages donnent une avance confortable à ce parti aux élections législatives du 20 novembre prochain.
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