L’univers du crédit en zone euro est de plus en plus hétérogène
Paradoxalement, la «répression financière» élargit les opportunités de création de valeur
Publié le
Nuno Teixeira, Schroders
Les investisseurs souhaitant s’exposer aux marchés de crédit corporate de la zone euro sont confrontés à une double difficulté. D’une part, le niveau de rendement moyen de l’univers est historiquement faible (proche des 2,1%); d’autre part, le niveau moyen des spreads de crédit (ajusté des options) ne dépasse guère les 110 points de base par rapport aux obligations d’Etat de même maturité. Cette situation limite la capacité de la classe d’actifs à résister à une remontée sensible des taux d’intérêt.
Le graphique ci-contre montre pourtant que la crise - et la répression financière qui a suivi - a considérablement élargi la distribution des rendements au sein de l’univers du crédit corporate par rapport à ce qui prévalait en juin 2005. Quand on compare la distribution des rendements des émissions de l’univers d’investissement (1.815 au total), une proportion importante des émissions affiche désormais un rendement inférieur à 2% (47% des émissions); 9% du total des émissions affichent encore un rendement supérieur ou égal à 3,5%, le nombre absolu d’émissions étant supérieur à celui observé en 2005 (163 contre 125). C’est surtout la part des émissions se situant dans la fourchette de 3% à 3,5% de rendement qui a connu la plus forte réduction (28,7% à 7,5%).
En conséquence, les investisseurs capables d’assumer une prise de risque supérieure à celle de la moyenne de l’univers des émissions corporates de la zone euro (A-) et de se concentrer principalement sur les segments BBB et cross-over, peuvent ainsi viser un rendement proche des 4%. Ceci à condition d’être particulièrement sélectif sur les émetteurs retenus et de tolérer une approche plus concentrée que celle des gérants «core» traditionnels.
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