L’or, quelle place au sein d’un portefeuille ?
Dans la chronique du mois dernier, nous avons évoqué le rôle monétaire de l’or qui lui confère sa valeur. Ceci étant, la volatilité des cours peut effrayer. Pendant douze ans, l’or a connu une phase haussière liée à l’ouverture à un plus grand nombre d’investisseurs (création des ETF et libéralisation en Chine) et à une crise de confiance dans le système monétaire et financier. Depuis 2007, les grandes banques centrales mènent des politiques expansionnistes pour soutenir le secteur financier et l’activité mais aussi réduire les taux d’intérêt associés aux dettes publiques et privées. Ces politiques comportent des risques (dévaluation, inflation) dont la perception a propulsé les cours de l’or jusqu’à un plus haut en 2011.
Au début de l’année, certains investisseurs ont repris confiance dans l’économie américaine et dans sa capacité à supporter des taux d’intérêts plus élevés. Ils ont dès lors vendu de l’or. Cette inflexion explique en partie la violence de la correction. L’or reste aussi un petit marché relativement aux marchés de capitaux. Cela le rend très sensible aux arbitrages des investisseurs entre différents actifs.
Cependant, nous ne pensons pas que le métal jaune ait fait l’objet d’une bulle dont la correction de 2013 (environ -20%) constituerait les prémices de son éclatement. Les politiques monétaires demeurent laxistes et peu d’éléments militent en faveur d’une reprise vigoureuse et auto-entretenue à même de justifier des taux d’intérêt élevés. Aussi la volatilité de l’or n’est peut-être que le symptôme d’un système instable où l’on repousse les échéances douloureuses.
L’intérêt de l’or dépend aussi de l’épargnant. Celui qui possède un horizon d’investissement à court terme peut y voir une prime d’assurance. Une telle prime est valorisée comme une option financière et présente une volatilité élevée. L’investisseur se projetant à long terme peut, en sus, envisager l’or comme réserve de valeur. Pour celui-là, l’or n’est pas une source de richesse mais une réserve de richesse, en attendant le moment où son capital pourra être investi dans des projets raisonnables offrant une rémunération attractive.
Il faudra vendre son or un jour mais tant que le régime actuel de changes flottants, de masses monétaires gonflées, de taux d’intérêts artificiellement bas et de dettes toujours plus élevées perdure, l’or demeure un actif intéressant pour l’épargnant.
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