L’opérateur grec OTE profite de l’effervescence du marché du crédit
L’appétit des investisseurs pour la dette d’entreprise serait-il devenu sans limite? Le premier opérateur télécom grec OTE noté Caa1 par l’agence Moody’s et B- par Standard & Poor’s est parvenu hier à placer l’emprunt obligataire le moins bien noté pour une entreprise de la périphérie depuis au moins sept ans. Au total HellenicTelecommunications plus connu sous le nom de OTE, et détenu à 40% par Deutsche Telekom, et 10% par l’Etat grec a levé pour quelque 700 millions d’euros d’obligations à maturité 5 ans à un taux proche de 7,875%.
L’opération prévoyait d’une part, l’émission de nouvelles obligations à échéance 2018. Le produit du placement devait d’autre part servir à financer le rachat d’obligations déjà émises à maturité 2013 et 2014 à respectivement 100% et 102% du nominal. L’objectif de la manœuvre est clair: en incitant les porteurs à se défaire de leurs titres à court terme en échange de dette plus longue, OTE cherche ainsi à allonger la maturité moyenne de sa dette.
«Les obligataires qui auront souscrit aux nouvelles obligations seront prioritaires sur l’offre de rachat», soulignait hier Mallé Ba, analyste chez Aurel BGC. Dans une note publiée hier, le courtier déconseillait d’acquérir les nouveaux titres émis par OTE compte tenu de la forte baisse des revenus du groupe en Grèce et en Bulgarie. La dette nette du groupe qui a obtenu récemment un refinancement de ses lignes bancaires, s’élevait à 3 milliards d’euros à la fin du mois de septembre contre 3,9 milliards d’euros à fin 2011, précisaient de leur côté les analystes de Tullett Prebon.
Après s’être de nouveau tournés vers les émetteurs espagnols, italiens et portugais, les investisseurs ouvrent désormais la voie des marchés obligataires aux émetteurs les plus fragiles de la périphérie. En décembre, l’industriel grec Titan Cement avait réussi à lever pour 200 millions d’euros de titres 2017 en offrant un coupon de 8,75% mais uniquement via un échange de dette.
La levée de fonds de OTE est un signe supplémentaire de l’amélioration des conditions de refinancement des entreprises dans la zone euro. Elle illustre surtout le renforcement de l’appétit pour le risque des investisseurs alors que certains observateurs craignent la formation d’une bulle sur le crédit.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors. -
Acadian Asset Management muscle ses effectifs en Asie
La société de gestion systématique poursuit son expansion régionale avec trois nominations à Singapour. -
Nvidia multiplie les initiatives pour étendre son hégémonie aux différents marchés de l'IA
Le géant des puces investit et noue des partenariats afin de se rendre incontournable au sein de l'écosystème de l'intelligence artificielle. -
Le yen reste sous pression
Retrouvez comme chaque semaine le tour d'horizon du marché des changes par DeftHedge.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
- H2O AM boucle la liquidation des actifs de ses fonds cantonnés
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger