Londres veut y voir clair dans le coût de la recherche pour les gérants
Martin Wheatley, le directeur général de la Financial Conduct Authority (FCA), a réservé hier un cadeau empoisonné à son auditoire à l’occasion de la conférence organisée par l’autorité britannique des marchés et dédiée au secteur de la gestion d’actifs. Dans la ligne de mire du régulateur, les commissions payées par les asset managers pour rémunérer, au-delà des frais d’exécution, la recherche fondamentale fournie par les banques et les courtiers (l’analyse sell-side). La FCA veut y voir plus clair dans l’origine de ces commissions, ce vœu de transparence devant bénéficier à un investisseur final dont la satisfaction repose avant tout sur la qualité de service, selon Martin Wheatley.
La FCA assure que la réglementation mise en œuvre en 2006 a donné lieu à certaines dérives, passant par des conflits d’intérêts sur le choix du trader ou des abus sur le périmètre des services couverts. Exemple: ces commissions estimées à 500 millions de livres (580 millions d’euros) l’an dernier pour obtenir un accès privilégié aux dirigeants d’entreprises, mais que les gérants classent en «commission de recherche», et refacturent donc aux clients.
Le Royaume-Uni ne peut se permettre d’attendre la finalisation des pourparlers à l’échelle européenne, selon Martin Wheatley, qui a annoncé le lancement d’une consultation le mois prochain visant à aboutir à une évolution concertée. Daniel Godfrey, le patron de l’IMA (Investment Managers Association), a indiqué lors de la conférence de la FCA que l’association des gérants outre-Manche mène depuis plusieurs mois une enquête sur le sujet, dont elle devrait présenter les résultats début 2014.
Le sujet constitue un enjeu majeur pour les gestionnaires d’actifs en termes de rentabilité s’ils devaient être amenés à décortiquer les commissions de gestion pour payer distinctement et directement aux banques chaque service fourni. Frost Consulting évalue à quelque 5 milliards de dollars dans le monde en 2012 le coût réel de la recherche pour le sell-side. Une facture qui pourrait selon le consultant diviser par deux (de 23,5% à 12,5%) la marge opérationnelle des gestions actives actions.
Cité par le Financial Times, un patron de la gestion actions de l’un des principaux gestionnaires européens clame que le strict partage des commissions serait susceptible de «tuer» le secteur du courtage au Royaume-Uni, la plupart des gérants refusant de payer la recherche.
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