L’octroi d’une licence bancaire au MES fait débat au sein de la BCE
La perspective d’une crise de liquidité de l’Espagne voire de l’Italie commence à agiter les banquiers centraux. Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a évoqué hier pour la première fois l’octroi éventuel d’une licence bancaire au Mécanisme européen de stabilité (MES) afin d’accroître sa capacité d’intervention sur les marchés. «Je crois qu’il y a des arguments favorables à cela», a-t-il dit à la chaîne de télévision Bloomberg. «Il y aussi d’autres arguments, mais je considère que le débat est en cours», a-t-il ajouté, précisant qu’il n'était «pas informé de l’existence de discussions spécifiques au sein de la BCE à ce stade».
Le MES doit succéder à l’automne au Fonds européen de stabilité financière (FESF). Sa capacité de prêt a été plafonnée à 500 milliards d’euros. Un montant insuffisant pour financer l’Espagne et l’Italie si les deux pays perdent leur accès au marché. Si le MES pouvait se refinancer de manière illimitée au guichet de la BCE, il faudrait faire sauter ce plafond de 500 milliards.
L’idée fait aussi débat chez les économistes. Desmond Supple, stratégiste taux chez Nomura, relève que «pour se financer à la BCE, le MES devrait adopter les règles de Bâle et détenir du capital prudentiel, ce qui diminuera sa capacité de prêt.» A travers les opérations de repo, le fonds s’exposerait aussi à des appels de marge en cas de dégradation des titres apportés en garantie.
Début juillet, Mario Draghi avait laissé entendre que l’octroi d’une licence bancaire au MES outrepasserait le mandat de la BCE. Celle-ci monétiserait de fait la dette des Etats. Les partisans d’une licence font cependant valoir que la BEI ou KfW ont déjà accès au guichet BCE. Les banquiers centraux craignent aussi qu’une fois ce dispositif en place, ils ne puissent plus retirer le jour venu les mesures exceptionnelles de soutien à la liquidité dans l’eurosystème.
«Le soutien de la banque centrale n’a pas besoin d’aller aussi loin qu’une licence bancaire, estime cependant David Mackie, économiste chez JPMorgan. La BCE pourrait acheter la dette du MES dès aujourd’hui, sans aucun obstacle juridique.» Mais pour avoir un impact réel sur le marché obligataire, il faudrait, là encore, supprimer le plafond des 500 milliards, ainsi que le statut de créancier privilégié du MES.
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