L’OCDE s’inquiète de la faiblesse des investissements productifs
Les économies avancées et l’Europe en particulier font face à un déficit d’investissement productif, concluent les premières Perspectives sur l’entreprise et la finance publiées le 24 juin par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
D’après l’organisation internationale, l’un des problèmes vient d’une contradiction entre l’optimisme des acteurs financiers, prêts à investir dans des produits financiers risqués en quête de hauts rendements, et des entreprises qui ne veulent pas se risquer à des investissements productifs dans un contexte d’incertitude. Et cela d’autant plus qu’il existe un «parti pris contre les sociétés qui investissent» en Bourse, où sont privilégiées les valeurs qui favorisent les dividendes et les rachats d’actions.
Or, «l’argent retourné aux actionnaires ne trouve pas le chemin vers des investissements productifs» a souligné Angel Gurrìa, secrétaire-général de l’OCDE, lors de la présentation du rapport. Le court-termisme des investisseurs, notamment des actionnaires activistes, est mis en avant par les experts de l’OCDE. Mais les stratégies d’investissement des multinationales sont également critiquées, les experts notant qu’en «privilégiant l’efficacité opérationnelle et la stratégie fiscale, les entreprises se sont moins préoccupées de procéder aux investissements dans la R&D et l’innovation qui sont nécessaires pour des gains de productivité à long terme».
Les économies émergentes connaissent, elles, un surinvestissement accompagné d’inefficiences et d’un recours à l’emprunt excessif, du fait notamment d’une prépondérance des entreprises publiques dans l’économie. Cela «accroît le risque de tensions financières sur la dette des entreprises dans les économies de marché émergentes».
Pour répondre à ces défis, l’OCDE retrouve son credo libéral et fait la promotion d’un rôle renforcé des marchés dans le financement des petites et moyennes entreprises et plus généralement de l’investissement productif, ainsi que d’une déréglementation ambitieuse pour instaurer davantage de concurrence sur les marchés de produits. Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron appréciera le soutien de l’OCDE qui cite notamment au nombre des mesures les plus bénéfiques... l’ouverture des commerces le dimanche.
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