L’OCDE prévoit une longue marche de la Grèce vers la rédemption
La dette pourrait être réduite de 150% du PIB actuellement à 100% en 2035 si les réformes d’austérité budgétaires sont pleinement mises en œuvre
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Patrick Aussannaire
L’OCDE manie la carotte et le bâton avec la Grèce. Dans son dernier rapport sur ce pays, l’Organisation estime que seule l’application stricte des réformes budgétaires annoncées par le gouvernement permettra au pays de sortir de la crise et de rétablir la croissance, l’emploi et les niveaux de vie. Le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, s’est toutefois dit confiant dans la réussite du programme en présentant le rapport à Athènes hier: «Les réformes réalisées depuis un an sont impressionnantes. Avec une meilleure compétitivité, nous voyons les premiers signes indiquant que l’ajustement macroéconomique extrêmement indispensable s’opère progressivement.»
Néanmoins, le chemin de la rédemption sera long et difficile. En effet, soumise à des mesures d’austérité draconiennes imposées par l’aide financière apportée par l’Union européenne et le FMI, la Grèce va encore voir son économie se contracter de 3,5% en 2011 avant un timide retour à une croissance de 0,6% en 2012. Le taux de chômage devrait quant à lui poursuivre sa hausse pour atteindre 16% en 2011 et 16,4% en 2012. Logiquement, l’inflation, qui a fortement augmenté en 2010 à la suite de la hausse de la TVA, devrait se réduire à 2,9% fin 2011 puis à 0,7% en 2012.
Le rapport indique que l’accord conclu par les dirigeants européens le 21 juillet dernier prévoyant le versement d’une deuxième tranche d’aide de 160 milliards d’euros, donne au pays davantage de temps pour sortir de l’ornière. Néanmoins, cet accord vise plus à remédier aux causes profondes de la crise qu’à ses symptômes, et l’OCDE se montre ainsi plus mesurée concernant son efficacité sur le long terme. «Une première analyse laisse penser que le programme ne diminuera que légèrement la dette grecque», indique le rapport.
Selon le scénario de base dressé par l’OCDE intégrant la pleine mise en œuvre des réformes d’austérité budgétaire, la dette grecque, actuellement à plus de 150% du PIB, devrait retomber à 100% du PIB en 2035. Ce schéma, à l’instar des prévisions des analystes, intègre le fait qu’Athènes sera loin d’atteindre l’objectif fixé de lever les 50 milliards d’euros prévus d’ici à 2015 grâce à son programme de privatisations. Un scénario plus optimiste, qui prévoit que la Grèce atteindrait cet objectif avec un léger retard, conduit à un pic de la dette en 2013, avant qu’elle ne retombe à 60% du PIB en 2035.
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