L’Italie souhaite remettre son économie dans le sens de la marche
Après s’être prononcé contre le maintien des politiques d’austérité drastiques, le nouveau président du Conseil italien Enrico Letta réserve sa première visite officielle à l’Allemagne, fort de la confiance du parlement italien récoltée hier à 453 voix contre 153. «Nous mourrons de la seule consolidation budgétaire, une politique de croissance ne peut attendre plus longtemps», a-t-il ainsi indiqué dans son discours de politique générale à la tribune de la Chambre des députés.
La sortie du blocage politique, la baisse attendue des taux directeurs de la BCE, et le maintien de la note italienne par Moody’s vendredi ont profité aux rendements des obligations d’Etat transalpines, qui chutaient hier de 15 bp sur le 10 ans, à 3,91%. Le Trésor a adjugé hier 3 milliards d’euros à 10 ans à un taux de 3,94%, contre 4,66% à la précédente émission de maturité similaire le mois dernier, et 3 milliards à 5 ans à 2,84%, contre 3,65% en mars.
Moody’s avait mis vendredi en exergue la faiblesse actuelle des taux d’intérêt qui «donne du temps au gouvernement pour mettre en œuvre des réformes et permettre à la croissance de repartir», alors que le pays dégage un excédent primaire de 2,5% qui lui permettra de maintenir son niveau de dette, qui devrait atteindre un record de 130,4% du PIB cette année.
Mais les grandes lignes de la nouvelle orientation budgétaire tracée par Enrico Letta portent les stigmates des compromis politiques réalisés pour former la coalition gouvernementale. Le président du Conseil a ainsi dû se résoudre à annoncer la suspension temporaire de la taxe impopulaire sur les résidences principales (Imu) qui conditionnait le soutien du parti Liberté de Silvio Berlusconi. Par ailleurs, la hausse de la TVA décidée par le précédent gouvernement de Mario Monti, dont le taux principal devait passer de 21% à 22% en juillet, sera retardée.
Ce sont ainsi 6 milliards d’euros de recettes fiscales en moins que devra trouver le gouvernement, Enrico Letta s’étant engagé à respecter les engagements pris auprès de Bruxelles de conserver son déficit public sous les 3%. Sans compter que des mesures de relance de l’activité, tels que des baisses d’impôts sur les propriétaires, les consommateurs et les sociétés, ont également été évoquées. Et les baisses de dépenses n’ont pas été détaillées. «En Europe et à l’international, l’Italie va trouver des stratégies permettant de relancer la croissance sans compromettre le nécessaire processus de restructuration des finances publiques». Tel est l’enjeu, résumé par Enrico Letta, auquel sera confronté le nouveau gouvernement.
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations. -
Alstom anticipe une accélération de sa dynamique commerciale
Alstom confirme ses objectifs annuels et anticipe une accélération de sa dynamique commerciale, malgré un repli des prises de commandes au premier trimestre. -
Ipsos abaisse ses prévisions de ventes en 2026
Malgré un rebond au deuxième trimestre, Ipsos révise à la baisse sa prévision de croissance organique pour 2026 autour de 2 %, tout en maintenant son objectif de marge opérationnelle. -
Dassault Aviation maintient son plan de vol pour 2026
Dassault Aviation confirme ses objectifs annuels après un premier semestre marqué par une forte hausse de son chiffre d'affaires.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot