L’Italie dévoile un budget 2014 d’austérité avec un volet de relance
Le gouvernement prévoit 12 milliards d'économies qui lui permettront de ramener le déficit à 2,5% et de baisser l’imposition sur les salaires
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Patrick Aussannaire
L’Italie teste la formule de la «rilance». Le gouvernement italien dirigé par Enrico Letta a présenté hier un budget 2014 qui prévoit des mesures d’économies budgétaires et des hausses d’impôts totales de quelque 12 milliards d’euros (soit 0,8 point de PIB).
Côté impôts, le budget prévoit une augmentation de la taxe sur les revenus du capital de 2 points à 22%, ainsi que l’introduction d’un nouvel impôt sur les nouvelles résidences. Le gel des salaires des fonctionnaires perdurera en 2014, la baisse des dépenses épargnant le secteur de la santé.
Ces mesures d’austérité devraient permettre d’alléger la fiscalité sur le coût du travail à hauteur de 5 milliards d’euros, tout en ramenant le déficit public de 3% cette année à 2,5% l’an prochain. L’imposition totale sur les salaires en Italie dépasse actuellement de 4 points la moyenne de la zone euro, et cette mesure permettrait d’accroître la compétitivité des entreprises.
«D’autres mesures de réformes structurelles seront néanmoins nécessaires afin de relever le faible taux de croissance potentiel du pays», estime BNP Paribas CIB. Fin 2012, le niveau des dépenses primaires de l’Etat représentait 45,2%, en baisse par rapport à celles de 2012, à 47,3% du PIB, mais loin des 43,5% de 2008.
Dans le même temps, le poids des taxes est passé de 45,9% à 47,7% du PIB depuis 2008. JPMorgan rappelle ainsi que «le poids des ajustements budgétaires a largement reposé sur la hausse des impôts, sans aucune mesure sur les dépenses», et préconise une baisse de 1,75 point de pourcentage de l’impôt sur les sociétés qui reste de 25% à 30% supérieur à celui de ses voisins européens.
Le budget comprend également un changement de la fiscalité permettant aux banques du pays de déduire un cinquième de leurs pertes sur créances de leurs revenus imposables. Une mesure qui s’appliquerait uniquement sur les dépréciations enregistrées en 2013 et visant à assainir le bilan des banques qui font face à une progression vertigineuse des créances douteuses de 22,3% sur un an à fin août. Elles représentent 7,3% des prêts totaux, contre 5,9% un an plus tôt.
Le taux de créances douteuses dans le secteur privé a également augmenté à 8,3%, contre 3% en juin 2008. Selon le FMI, les dépréciations sur les deux prochaines années en Italie s’élèveront à 125 milliards d’euros, dont 53 milliards ne sont pas encore provisionnés.
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