L’Islande tente de limiter les risques de sorties massives de capitaux
Huit ans après la crise qui a secoué le pays, l’Islande a approuvé dimanche au Parlement la levée d’une partie des contrôles de capitaux instaurés en 2008 après la faillite de ses trois plus grosses banques dont les actifs cumulés représentaient environ 10 fois la taille de son économie. «Nous bâtissons les fondations pour de meilleures conditions de vie, moins de dette et de levier et de meilleures conditions de croissance», a indiqué le premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson.
Ces mesures exceptionnelles sont pointées du doigt dans le pays comme étant un frein aux investissements et à l’origine de poches de bulles sur certains actifs en restreignant les afflux de devises étrangères.
Leur levée peut néanmoins conduire à des rapatriements massifs de capitaux étrangers hors du pays de la part des hedge funds détenteurs des 1.200 milliards de couronnes islandaises (8 milliards d’euros) d’avoirs gelés dans les trois banques en faillite, et ainsi déclencher une forte dévaluation de la devise et une flambée de l’inflation. Afin d’éviter une telle situation, le gouvernement va imposer une taxe de 39% sur leurs actifs dans le cas où leurs créanciers ne trouveraient pas un accord de résolution d’ici à la fin de l’année. Selon le gouvernement, l’accord nécessitant environ 500 milliards de couronnes pour être approuvé par les autorités islandaises, il serait néanmoins moins coûteux pour les créanciers que de s’acquitter de la taxe. Quelle que soit l’option retenue, ces mesures permettront à l’Etat de récolter l'équivalent de 4,5 milliards d’euros de recettes qui serviront à réduire la dette du pays.
Le Wall Street Journal assurait hier que les comités de créanciers des trois banques auraient déjà fait des propositions afin d’éviter de payer la taxe, en réclamant des obligations, des actions ou une participation dans les nouvelles banques. A ce stade, les fonds Davidson Kempner CM, Taconic Capital Advisors, Silver Point Capital et Solus Alternative AM ont pris part à cette proposition, alors que 70 autres hedge funds auraient préféré s’abstenir de s’y associer pour continuer à étudier les différentes options dont ils disposent.
Si Reykjavik avertit qu’il est «dans leur intérêt de trouver un accord de résolution», il n’exclut pas d’éventuelles poursuites de certains créanciers contre le pays tout en avertissant qu’il n’a «aucun doute sur la validité légale» de la loi.
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