Lisbonne s’accorde avec des banques pour réduire le coût de dérivés toxiques
Le gouvernement a décidé de poursuivre JPMorgan et Banco Santander Totta. D’autres banques ont obtenu un délai pour faire des propositions
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Solenn Poullennec
Le Portugal a trouvé, la semaine dernière, un accord avec certaines banques pour réduire la facture qu’il pourrait avoir à payer en raison de la souscription de contrats dérivés «toxiques» par des entreprises publiques du pays, comme les gérants du métro de Lisbonne et de Porto ou des compagnies de bus.
L’accord devrait permettre au gouvernement d’économiser quelque 170 millions d’euros de paiement d’intérêts et 600 millions d’euros de dettes potentielles au cours des prochaines années, a déclaré la secrétaire d’Etat au Trésor et aux finances, Maria Luis Albuquerque, vendredi dernier. D’après le gouvernement, la dette des établissements publics non financiers a doublé entre la fin de 2004 et le mois de juin 2011, pour atteindre près de 30 milliards d’euros.
Les contrats dérivés en cause ont été signés avant 2011 et étaient pour beaucoup censés protéger les entreprises contre la hausse des taux, notamment de l’Euribor. Certains ont vu leur taux d’intérêt s’envoler bien au-dessus de 20%, selon le gouvernement. Ce dernier avait fixé jusqu’à vendredi dernier aux banques pour renégocier leurs contrats et tenter de réduire une facture potentielle estimée à 3 milliards d’euros.
Maria Luis Albuquerque a tu les noms des établissements avec lesquels le gouvernement est tombé d’accord et a précisé que trois banques ont obtenu quelque jours de plus pour faire des propositions. En revanche, l’exécutif n’a pas trouvé de terrain d’entente avec JPMorgan et la filiale de Santander, Banco Santander Totta, et a annoncé qu’il poursuivait ces établissements devant les tribunaux. Les deux banques assurent qu’elles ont pourtant fait des propositions intéressantes qui ont été rejetées.
Cette affaire est d’autant plus embarrassante pour Lisbonne que l’exécutif peine à tenir ses objectifs de réduction du déficit public. Début avril, la Cour constitutionnelle du pays a censuré plusieurs mesures d’économies ce qui a créé un manque à gagner de 1,3 milliard d’euros. Le gouvernement portugais a obtenu de la Troïka un an de plus que prévu pour ramener son déficit dans les clous du pacte de stabilité. Il avait promis en mars d’avoir un déficit à 5,5% du PIB en 2013 (contre 6,4% en 2012), à 4% en 2014 et à 2,5% en 2015. Sa dette devrait atteindre 123,7% du PIB en 2014. Selon la Commission, le PIB devrait reculer de 1,9% en 2013 et augmenter seulement de 0,8% en 2014.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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