Lisbonne obtient des conditions comparables à celles de la Grèce
C’était l’une des inconnues du plan de sauvetage du Portugal. Le FMI et l’Union européenne ont donné hier quelques précisions sur le coût des 78 milliards d’euros qui vont être débloqués pour aider le pays à se financer sans recourir aux taux exorbitants du marché.
Au Fonds monétaire international, qui assume le tiers de l’aide, le Portugal versera un intérêt de 3,25% pour les 3 premières années de la vie des prêts, et de 4,25% ensuite. La part versée par ses partenaires européens sera davantage rémunérée, mais le taux reste à fixer. La marge appliquée «devrait être un petit peu inférieure à 200 points de base», a indiqué hier à la presse Jürgen Kröger, un officiel de la Commission européenne. Le rendement des obligations à 5 ans de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF), qui devrait être le canal privilégié de refinancement du Portugal, se traitait hier à peine au-dessus de 3%. Ce qui permettrait au pays de payer moins de 5% d’intérêt sur cette partie du paquet UE/FMI.
Lisbonne a donc obtenu des conditions de financement plus proches de celles de la Grèce, révisées à la baisse en mars, que de celles de l’Irlande, privée de ce traitement de faveur en raison de son intransigeance sur son taux d’imposition des sociétés. Pour ses 110 milliards de prêts, dont la maturité a été portée à 7,5 ans, Athènes verse en moyenne 3,5 % les trois premières années et 4,5% ensuite. Le coût moyen pour l’Irlande des 67,5 milliards apportés par l’Union européenne et le FMI dépasse, pour sa part, 5,8%.
Le gouvernement portugais et ses bailleurs de fonds ont par ailleurs confirmé les conséquences macroéconomiques de l’ajustement budgétaire. Le plan, qui prévoit une réduction du déficit à 3% du PIB en 2013, entraînera une récession de 2% en 2011 et en 2012. Le pays tablait jusqu’à présent sur une contraction de l’économie de 0,9% cette année, suivie d’un modeste rebond de 0,3%. Le taux de chômage, de 11,1% fin 2010, devrait culminer à 13% en 2013.
«Le programme est bâti sur trois piliers: le premier est constitué de mesures pour la croissance destinées à restaurer la compétitivité du pays», identifiée comme la principale faiblesse du Portugal, indiquait hier le FMI sans plus de précisions. Une déclaration d’intention appréciée des observateurs, mais dont il reste à mesurer la portée.
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