L’Irlande entrevoit la fin de sa dépendance à l’aide internationale
Je peux confirmer que l’Irlande est en voie de sortie du plan de sauvetage de l’Union européenne et du FMI le 15 décembre. Et il n’y aura pas de retour en arrière», a indiqué ce week-end le premier ministre irlandais Enda Kenny.
Le ministre des Finances, Michael Noonan, a même précisé que le pays pourrait ne pas avoir à solliciter une ultime ligne de crédit de précaution de 10 milliards d’euros évoquée précédemment pour faciliter son retour à un financement complet sur les marchés, l’agence de gestion de la dette irlandaise bénéficiant d’une réserve de trésorerie d’environ 25 milliards d’euros qui permet à Dublin d’assurer son financement jusqu’en 2015. Elle permettrait pourtant à l’Irlande de bénéficier en théorie du programme OMT de rachats d’obligations mis en place par la BCE mais jamais actionné, et servirait de garantie pour les investisseurs.
Hier, Mario Draghi s’est félicité de la moindre dépendance des banques du pays au programme de financement de la BCE en insistant sur le fait que «les risques pour la stabilité financière ont été significativement et progressivement réduits». Le taux irlandais à 10 ans chutait hier à 3,68%, son plus faible niveau depuis fin mai.
Le gouvernement doit dévoiler aujourd’hui un nouveau budget d’austérité, le septième consécutif, visant 2,5 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Un montant néanmoins moins important que prévu qui comprend une taxe sur les banques étrangères. Si l’économie est techniquement sortie de la récession avec une croissance de 0,4% au deuxième trimestre, «la croissance du PIB et de la consommation reste négative en base annuelle» et les mesures de consolidation budgétaire continueront à peser sur l’activité jusqu’à fin 2014, précise BNP Paribas CIB qui prévoit une croissance de 0,6% cette année, 1,6% en 2014 et 2,6% en 2015.
Selon l‘Irish Times qui cite des sources européennes, la sortie du programme sera conditionnée aux résultats des stress tests bancaires menés par la Banque d’Irlande qui seront dévoilés mi-novembre, avant la revue sur la qualité des actifs bancaires de la BCE. Or, «les prêts non performants constituent le problème clé de l’économie irlandaise, les doutes persistants concernant la santé réelle du système bancaire», selon BNP Paribas. Leur poids atteint près de 20%, contre 2% en 2008. Il se situe juste derrière celui de la Grèce, de 24%, et bien loin devant celui de l’Espagne, de 8%.
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