L’Irlande cherche à améliorer la soutenabilité de sa dette en remboursant en avance le FMI

Le pays est en passe d’obtenir le feu vert des gouvernements européens. Il pourrait utiliser son cash pour faire baisser son niveau de dette
Solenn Poullennec

Les ministres des finances de l’Union européenne ont donné ce week-end leur feu vert à l’Irlande pour que le pays rembourse de façon anticipée une partie du prêt de 22,5 milliards d’euros que le Fonds monétaire international (FMI) lui avait accordé dans le cadre de son plan de sauvetage. L’opération devrait alléger la charge de la dette pour Dublin.

«L’objectif de cette opération est de rendre la dette irlandaise plus soutenable», a expliqué le ministre des finances irlandais, Michael Noonan, à l’issue de la réunion des grands argentiers européens à Milan ce week-end. Le pays, qui a bénéficié d’une aide de 67,5 milliards d’euros de ses partenaires européens et du FMI entre 2010 et 2013 avait une dette à 123,3% du PIB à la fin de 2013.

Alors que le taux d’intérêt des prêts accordés par le FMI est de 4,99% et que le rendement des titres irlandais à 10 ans atteignait hier 1,86%, le gouvernement espère économiser environ 1,5 milliard d’euros au cours des cinq prochaines années en remboursant par anticipation entre 15 et 18 milliards d’euros du prêt du FMI. Il doit d’abord obtenir de ses partenaires européens qu’ils modifient la clause selon laquelle si l’un des créanciers de l’Irlande est remboursé en avance, tous les autres doivent l’être en même temps. Dans certains pays, dont l’Allemagne, les gouvernements doivent encore obtenir l’accord de leur parlement pour accéder définitivement à la demande de Dublin.

«L’opération va améliorer les perspectives des finances publiques irlandaises», estime Anthony Baert, chez ING. Reste à savoir comment l’Irlande va rembourser son prêt. Le gouvernement pourrait utiliser une partie de sa réserve de cash de quelque 20 milliards d’euros «ce qui réduirait immédiatement le niveau de la dette souveraine mais aussi le coussin de sécurité. Cela ne serait pas forcément une mauvaise idée étant donné l’amélioration du contexte économique», poursuit l’économiste.

Le gouvernement s’attend à ce que la croissance du PIB soit supérieure à 3% cette année et autour de 3% l’année prochaine. Le déficit devrait quant à lui se rapprocher de 4% du PIB en 2014 et passer sous les 3% du PIB en 2015. Le remboursement anticipé du prêt du FMI « plaide davantage encore pour un relèvement de la note» de l’Irlande donnée par Moody’s, selon l’économiste de BNP Paribas CIB Colin Bermingham. L’agence note le pays Baa1 alors que S&P et Fitch le notent A-.

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