L’interrogation demeure sur une éventuelle indépendance de la Catalogne
Le voile sur l’avenir de la Catalogne au sein du Royaume d’Espagne n’a pas été levé lors des élections régionales anticipées qui se sont déroulées hier. Si les quatre formations réclamant un référendum sur l’indépendance obtiennent deux tiers des 135 sièges du Parlement de Catalogne, leurs divergences risquent d’entraver l’organisation du scrutin. La stagnation des sièges acquis par les partisans de l’unité semblent indiquer le fort soutien populaire à une indépendance. Le Parti socialiste (PSOE) a obtenu 20 sièges, contre 19 pour le Parti populaire (PP) du chef du gouvernement, dans un scrutin qui a atteint un taux de participation record de 68%, 10 points de plus qu’aux précédentes élections il y a deux ans. Selon un sondage récent, 57% des Catalans interrogés voteraient pour l’indépendance de la région, contre seulement 44% pour une autonomie accrue.
La coalition Convergence et union (CiU), premier parti indépendantiste de centre droit auquel appartient le président catalan Artur Mas, a vu son nombre de sièges reculer de 62 à 50, voyant ainsi sa position de leader contestée par la Gauche républicaine qui a vu son nombre de sièges passer de 10 à 21. Deux autres petits partis comptent 16 élus, donnant ainsi aux indépendantistes une majorité certes absolue avec environ 60% des sièges. Mais une majorité éclatée qui «complique encore plus la capacité du gouvernement espagnol à enrayer les déficits budgétaires», selon Barclays.
En outre, des problèmes extérieurs pourraient venir contrarier les velléités d’indépendance de la Catalogne. «Il existe des interrogations quant à une éventuelle appartenance de la Catalogne indépendante à l’Union européenne ainsi que sur l’absorption d’une partie de la dette de l’Etat central espagnol qui mettrait en péril la viabilité d’une région économique autonome» estime Citigroup. Or, selon les sondages, les Catalans renonceraient à l’indépendance si l’appartenance de la région à l’UE est remise en cause.
Et Citigroup s’estimer que «la période n’est pas propice à une indépendance, compte tenue de la récession actuelle, du fort taux de chômage et de la pression fiscale». La région est certes celle qui contribue le plus, à hauteur de 19%, au PIB du pays, mais a également accumulé une dette 42 milliards d’euros, la plus élevée des 17 régions espagnoles. Une dette qui l’a contrainte à réclamer une aide de 5 milliards de la part de Madrid et qui l’a privée d’accès aux marchés financiers.
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