L’industrie française reflétera la modeste reprise de l’économie en 2015
La dépréciation de l’euro et la chute du prix du pétrole devraient permettre à l’économie française de sortir progressivement de sa léthargie en 2015, si l’on en croit la 42e édition de l’étude «France Secteurs» publiée hier par le Crédit Agricole-LCL. Après une croissance de 0,4%, plus de deux fois inférieure à celle de la zone euro l’an dernier, la France réduirait cet écart en enregistrant une progression de 0,9% du PIB, contre un rythme de 1% anticipé en zone euro. La consommation des ménages français atteindrait 1%, après seulement 0,3% au cours des deux années précédentes.
Les difficultés structurelles qui pénalisent l’Hexagone depuis plusieurs années, à savoir une compétitivité détériorée, accompagnée d’un taux de chômage et d’une dette publique tous deux élevés, feront toujours sentir leurs effets. Si l’ajustement budgétaire se poursuit, les autorités européennes ont estimé que le déficit public français de 4,1% prévu pour 2015, après 4,4% l’an dernier, était encore trop important.
Le pétrole moins onéreux facilitera cependant la reconstitution des marges des entreprises non financières. Leur taux de marge (excédent brut d’exploitation rapporté à la valeur ajoutée) est en effet resté très bas l’an dernier en raison de l’impact de la hausse de la TVA et d’une légère progression des salaires. «L’euro plus faible, résultat des mesures mises en œuvre par la BCE, soutiendra la légère accélération des exportations, qui accompagnera le renforcement progressif de la croissance mondiale», estime également l’étude.
Les réformes structurelles mises en place devraient en outre commencer à produire leurs effets. Le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et les allègements de charges contenus dans le pacte de responsabilité stimuleront le redressement des bénéfices et donc la reprise des dépenses d’investissements.
L’évolution des 33 grands secteurs industriels analysés par LCL témoigne de cette reprise en demi-teinte, avec une prévision d’activité comprise entre -2% et 2% pour 85% d’entre eux. Mais certaines industries spécialisées dans les biens d’équipement semblent en mesure de tirer leur épingle du jeu. La construction et réparation navale continuerait à se distinguer avec une accélération de sa production en volume (+20% après une hausse de 15% en 2014) en raison «des commandes records conclues par STX dans la croisière, des succès des autres chantiers dans le secteur militaire et des perspectives favorables de l’éolien offshore».
La filière aéronautique et spatiale devrait tirer parti des augmentations de cadences décidées par Boeing et Airbus et de la montée en puissance du programme A350 dans l’aviation civile; le marché militaire se caractérise toujours par des budgets sous contrainte mais le projet de loi de finances «ne prévoit pas de nouvelles coupes dans les dépenses». L’industrie des composants électroniques devrait être encore tirée par le secteur du transport et par la demande de «jeunes pousses» du secteur numérique.
Avec un recul attendu d’environ 3% de son activité, la construction dans son ensemble ressortirait en queue de peloton, avec une poursuite du recul des mises en chantier pour les maisons individuelles et une stabilisation à un bas niveau pour les logements collectifs. Quant aux travaux publics, ils seront affectés par «le cycle électoral, les contraintes budgétaires et le manque de vigueur de la reprise», ce qui bridera la commande publique et privée.
{"title":"","image":"81860»,"legend":"Etude \u00abFrance Secteurs\u00bb publi\u00e9e par le Cr\u00e9dit Agricole-LCL. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril. -
Partners Group lève 9 milliards de dollars dans le secondaire
Composée d’un fonds fermé et de mandats, l'enveloppe collectée par la société helvétique s’inscrit dans la dynamique d’un segment devenu stratégique pour la liquidité des investisseurs.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat