L’industrie des ETF écarte la perspective d’une guerre des prix en Europe
A l’heure où plusieurs grands gérants d’ETF se livrent à une guerre des prix aux Etats-Unis, Lyxor Asset Management (AM), en réduisant également ses frais de gestion sur certains fonds indiciels cotés, a soulevé la question d’une éventuelle propagation vers l’Europe. Toutefois, ce mouvement ne semble pas avoir vocation à émerger au sein du Vieux Continent, estiment les professionnels.
«Il n’y a pas de guerre des prix en Europe», indique à L’Agefi Olivier Paquier, directeur SPDR ETF chez State Street Global Advisors en France. Ce constat est partagé par Alain Dubois, président de Lyxor AM, qui indique que la réduction des frais de gestion sur certains de ses ETF «correspond à un ajustement par rapport au secteur ».
«Le marché américain des ETF, composé majoritairement d’investisseurs particuliers qui représentent environ 60% des volumes, est très différent du marché européen, dominé par les institutionnels. Si les frais de gestion se révèlent être parmi les plus visibles pour les particuliers, les institutionnels ont une vision plus globale et s’intéressent essentiellement à la performance», explique Ludovic Djebali, directeur des ventes chez Source. «Nos clients considèrent l’ensemble des frais de détention, et plus spécifiquement la tracking error (écart de suivi avec l’indice de référence). Les frais de gestion ne peuvent expliquer à eux seuls le coût d’un ETF», renchérit Olivier Paquier.
«Certains gérants européens ont réduit leurs frais de gestion, mais n’ont pas pour autant réussi à gagner des parts de marché, poursuit Ludovic Djebali. Cette logique n’est pas adaptée au marché européen car les investisseurs comprennent que cette approche n’a qu’un impact limité sur le coût total de détention du produit ».
Aux Etats-Unis, certains gérants ont plus que divisé par deux leurs frais de gestion déjà très faibles (quelques points de base), à l’image d’acteurs comme Charles Schwab et Vanguard. Ce dernier a toutefois annoncé un changement de l’indice de référence en vue de réduire ses frais de licence, passant du MSCI au Footsie. Cette modification peut se révéler problématique pour une clientèle institutionnelle, en raison des différences de pondération entre les indices.
A fin juillet, le marché des ETF représentait 1.083 milliards de dollars (835 milliards d’euros) d’encours aux Etats-Unis, contre 284 milliards de dollars en Europe, selon ETFGI.
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts