L’Inde n’arrive pas à endiguer la chute vertigineuse de la roupie
Le mouvement est commun aux autres pays émergents, mais les mesures protectionnistes prises par le gouvernement indien inquiètent les investisseurs
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Patrick Aussannaire
Rien ne va décidément plus pour l'économie indienne. Les mesures d’urgence prises ces dernières semaines par le gouvernement et les interventions répétées de la banque centrale sur le marché des changes n’ont pas empêché la roupie de crever le plancher pour tomber hier à son plus faible niveau historique contre dollar. A 62,70, la parité de la devise indienne a ainsi perdu près de 14% de sa valeur depuis le début de l’année contre le billet vert. Elle affiche ainsi la plus forte baisse parmi les devises des grands pays asiatiques, y compris le yen japonais, pourtant tiré à la baisse par la politique ultra-accommodante menée par la Banque du Japon.
La même inquiétude se manifeste sur le marché actions. La Bourse de Bombay, qui avait déjà chuté vendredi de près de 4%, abandonnait encore plus de 2% hier après-midi. Depuis le début de l’année, elle affiche une baisse de 5%, contre une hausse de 13% pour l’indice américain S&P 500. «Pour tous les investisseurs, la croissance reste le point crucial. La nervosité persistera jusqu'à ce que [la croissance] reprenne», explique Sonam Udasi, d’IDBI Capital Markets. Le gouvernement prévoit que la croissance de l’activité chute à 5% sur l’année fiscale en cours, soit son plus faible niveau depuis dix ans.
Certes, l’Inde est victime d’un phénomène de fuite des capitaux qui touche l’ensemble des pays émergents du fait de la remontée anticipée des taux aux États-Unis suite au retour prévu de la Fed à une politique moins accommodante. Le real brésilien a ainsi chuté de 18% depuis le début de l’année et de 25% depuis mars contre dollar et même de 28% contre euro. Le dollar australien a, lui, dévissé de 14% contre le billet vert et de 8% contre euro depuis le début de l’année et le rouble russe de respectivement 10% et 9%.
Cependant, les investisseurs se montrent également très sceptiques quant aux décisions prises par les autorités indiennes. La hausse des droits de douane pour limiter les importations d’or, les émissions d’obligations «quasi-souveraines» pour permettre aux sociétés indiennes de lever des capitaux à l'étranger et soutenir ainsi la croissance, et les restrictions sur les sorties de capitaux pour les particuliers et les entreprises sont ainsi vécues comme un retour en arrière sur les efforts, déjà jugés insuffisants, de libéralisation de l'économie du pays par les autorités.
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe.
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