L’Inde est prête à suivre le cortège d’assouplissement monétaire mondial
Le ralentissement de l’inflation, à 6,55% en janvier, et la hausse de 8,2% de la roupie contre dollar, ouvrent une fenêtre de tir pour la banque centrale
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Patrick Aussannaire
L’économie indienne est mûre pour passer en mode d’assouplissement monétaire. La hausse annuelle des prix au détail a une nouvelle fois ralenti à 6,55% au mois de janvier après 7,47% en décembre 2011 et 9,1% en novembre. Le consensus Bloomberg tablait sur un recul moins marqué, à 6,7%. L’indice des prix des biens manufacturiers, indicateur de l’inflation sous-jacente, a également reculé de 7,41% à 6,49% en janvier.
A sa dernière réunion, la banque centrale (RBI) a évoqué la persistance des risques inflationnistes, alimentés par l’affaiblissement de la roupie et la hausse des déficits budgétaires, comme principale raison du maintien des taux directeurs à 8,5%, malgré une baisse du ratio de réserves obligatoires qui a permis d’injecter 6,5 milliards de dollars dans le système bancaire. Le ministre des finances doit présenter le budget 2012 au parlement le 16 mars. Standard Chartered prévoit que le déficit public devrait excéder son objectif de 4,6% du PIB d’au moins un point.
Dans un entretien accordé hier au Wall Street Journal, le gouverneur de la RBI, Duvvuri Subbarao, fustige la politique budgétaire du gouvernement dont les dépenses non productives ont alimenté l’inflation, ainsi que le niveau élevé des prix du pétrole, l’Inde important environ 80% de sa consommation pétrolière. Mais après une baisse de 16% en 2011 contre dollar, la roupie s’est reprise de 8,2% depuis le début de l’année à 49,28 et de 7% contre euro à 67,97, ouvrant une fenêtre de tir pour la RBI.
Et Duvvuri Subbarao d’adoucir son discours en indiquant que le cycle qui a conduit à une hausse des taux de 3,75% à 8,5% entre mars 2010 et octobre 2011 est terminé et que la RBI recherche le moment optimal pour assouplir sa politique monétaire. Il explique en outre que le potentiel de croissance est passé de 8,5% en 2007 à 7%. Un taux jugé insuffisant pour augmenter le niveau de vie de la population et développer la classe moyenne dans le pays. «Pour l’Inde les ajustements nécessaires sont aussi difficiles pour passer d’un niveau de 9% à 7% que pour les Etats-Unis de passer de 2% à 0% » indique-t-il.
Alors que le gouvernement a révisé ses prévisions de croissance de 9% à 6,9% sur l’année fiscale qui s’achève fin mars, Duvvuri Subbarao estime qu’elle devrait rebondir au-dessus des 7% sur l’année fiscale 2012 grâce à une baisse des taux. Le taux à un an a plié de 6 bp suite à cette annonce à 8,06%.
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