L’Inde dresse un budget tourné vers le soutien à la croissance
L’Inde se dégage des marges de manœuvre budgétaires. Dans son budget pour l’année achevée fin mars 2016 annoncé le week-end dernier, le gouvernement de Narendra Modi table sur un déficit public plus élevé que prévu, à 3,9% du PIB, et repousse d’un an à début 2018 son objectif de le ramener à un niveau de 3%.
Si Fitch estime que sa crédibilité «sort renforcée par sa capacité à avoir atteint son objectif de déficit 2014-2015 de 4,1%», l’agence rappelle que la dette publique en Inde est, à 65% du PIB, nettement plus élevée que le niveau médian affiché par les pays notés dans la catégorie «BBB».
Cette souplesse permettra néanmoins d’allouer 700 milliards de roupies (10 milliards d’euros) aux investissements en infrastructures. Le budget prévoit la création d’un fonds dédié de 200 milliards qui pourra lever de la dette, l’introduction d’obligations spécifiques exonérées d’impôts visant à orienter l’épargne domestique, et la possibilité pour les investisseurs étrangers d’investir dans des fonds alternatifs. L’impôt sur les sociétés sera en outre abaissé de 5 points sur quatre ans à 25%. Le gouvernement espère que ce soutien permettra à la croissance de dépasser les 8%, après 6,9% en 2014-2015.
«Ces projections trop optimistes signifient que le déficit pourrait être supérieur à son objectif, ce qui limiterait les marges de manœuvre monétaires de la RBI», estime cependant SG CIB. S’il a reconnu que la multiplication des mesures d’assouplissement prises par les banques centrales dans le monde crée une «avalanche d’afflux de capitaux» en Inde, le gouverneur de la RBI, Raghuram Rajan, est resté prudent. «Une inflation élevée nous empêche de baisser les taux trop rapidement afin d’envoyer le message à ces pays de ne pas venir ici dans l’attente de taux d’intérêts élevés», a-t-il déclaré.
Le marché table néanmoins sur 75 pb de nouvelles baisses de taux d’ici à la fin de l’année. Malgré un léger rebond de 3 pb hier à 7,75%, le taux à 10 ans s’est détendu de 135 pb depuis un an. «Les investisseurs étrangers devraient continuer d’acheter des obligations indiennes pour profiter de leur rendement élevé, la stabilité de la roupie réduisant en outre le coût de leur couverture de change», estime SG CIB qui anticipe un taux 10 ans à 7,25% fin 2015.
Après une chute de 56% entre mi-2011 et mi-2013, la roupie s’est depuis stabilisée entre 58,5 et 63,5 contre dollar, soit une amplitude de variation de 8%.
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