« L’importance des baisses des Fed funds devrait provoquer un retour en grâce du dollar »
précise Gilles Moëc, senior économiste chez Bank of America
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : le repli de l’euro face au dollar peut-il durer ?
Gilles Moëc : Nous prévoyons un retour de l’euro-dollar vers une parité plus raisonnable, à 1,40, d’ici à la fin de l’année. Certes, à court terme le contraste entre l’attitude extrêmement réactive de la Fed et la prudence de la BCE peut jouer en faveur de l’euro par le jeu des différentiels de taux. Toutefois, ce contraste des politiques monétaires est selon nous ambigu à moyen terme. L’importance des baisses de taux consenties par la Fed (nous attendons encore 50 points de base le 30 janvier) sont de nature à relancer l’activité économique aux Etats-Unis, ou en tout cas à graduellement aider les marchés à surmonter leur pessimisme quant aux perspectives de croissance américaine. Cela devrait provoquer un retour en grâce du dollar auprès des investisseurs.
La livre ne risque-t-elle pas de faire les frais de la poursuite attendue de l’assouplissement monétaire au Royaume-Uni ?
L’érosion du différentiel de croissance positif que le Royaume-Uni dégageait vis-à-vis de la zone euro et la diminution anticipée du différentiel de taux devraient jouer en défaveur de la livre. Toutefois, il nous semble que l’ajustement a déjà été largement intégré par les investisseurs. La livre a déjà perdu près de 10 % vis-à-vis de l’euro depuis août 2007. Comme aux Etats-Unis, l’attitude accommodante de la Banque d’Angleterre devrait permettre d’éviter que ne s’installe un scénario récessif et nous ne prévoyons pas de dépréciation significative supplémentaire. Un facteur de risque spécifique à la livre, dans le contexte actuel, réside bien sûr dans l’importance du secteur bancaire et financier dans l’économie britannique. Un approfondissement des difficultés dans cette industrie serait particulièrement dommageable à la livre.
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