L’impact de l’annonce de la Banque centrale japonaise se dissipe
Les injections de liquidités dans l'économie annoncées mardi par la banque centrale japonaise, et destinées à stimuler la croissance nippone, ont dans les premiers échanges hier fait trébucher la monnaie japonaise face aux autres grandes devises. Mais les inquiétudes persistantes entourant la zone euro, et plus particulièrement le sort de l’Espagne qui tarde à faire appel à l’aide européenne ont finalement poussé les investisseurs vers les actifs jugés moins risqués comme la devise nipponne.
Le yen a ainsi rapidement repris sa hausse face au dollar et à l’euro malgré l’annonce des rachats d’actifs et de prêts pour un montant de 10.000 milliards de yens (97 milliards d’euros) supplémentaires pour porter le programme à 80.000 milliards.
L’euro a cédé du terrain face au yen en repli de 0,4% à 102.38 yens, après avoir atteint 103,63 yens en séance. De son côté, le dollar a reculé face à la devise japonaise à 78,40 yens contre 78,80 yens effaçant totalement ses gains après s'être hissé à 79,22 yens, un sommet depuis trois semaines. «Le véritable test pour la parité dollar/yen est de savoir si le mouvement peut aller au-delà de 80 yens», a expliqué à Reuters Niels Christensen, stratégiste changes chez Nordea à Copenhague. L’analyste considère que la tendance risque de s’essouffler dès lors qu’il faudra de très bons chiffres macroéconomiques américains, et un fort appétit du risque pour maintenir la pression sur le yen.
«Le marché des changes évolue sans grande direction» et les décisions de la BoJ n’ont finalement «pas eu un grand impact», estime quant à lui Adam Cole, analyste de RBC Capital Markets.
En Europe, les marchés risquent de s’impatienter alors que le gouvernement espagnol a indiqué hier qu’il était toujours en train d’étudier les conditions du plan d’aide à l’Espagne. «Les opérateurs se demandent si la situation dans la zone euro est aussi rose et optimiste que ce qu’elle semblait être il y a quelque temps» après le coup de pouce de la BCE, expliquent les analystes de Commerzbank. Selon eux, «le cas de l’Espagne montre clairement que les conditions requises de la part des pays en difficulté pour obtenir des crédits européens ne font pas l’unanimité», d’où la réticence de Madrid à demander un programme d’aide quitte à alimenter la nervosité des investisseurs. L’euro valait hier 1,30 dollar en hausse de 0,1%.
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