L’immobilier résidentiel britannique montre ses premiers signes de ralentissement

Le réseau Hamptons International a divisé par deux sa prévision de hausse des prix pour 2015, notamment sous l’effet du discours de la Banque d’Angleterre
Olivier Pinaud

Le discours et les récentes mesures de la Banque d’Angleterre pour tenter de faire atterrir en douceur le marché de l’immobilier commencent à se faire sentir dans les anticipations. Selon le dernier baromètre établi par Hamptons International, la croissance des prix du marché résidentiel londonien devrait ainsi nettement ralentir l’an prochain. Le cabinet prévoit une hausse de 3%, deux fois moins que ce qu’il prévoyait auparavant. Un coup de frein brutal au regard de la hausse de 15% attendue pour 2014. Pour l’ensemble de l’Angleterre et du Pays de Galles, le réseau d’agences table sur une progression des prix de 5,5% en 2015 après 8% cette année.

Ces prévisions confirment les indications fournies la semaine dernière par Halifax. Même si les prix ont augmenté de 3,6% entre mai et juillet, soit leur rythme le plus élevé depuis 8 ans, la filiale de Lloyds Banking Group note que 57% des personnes interrogées dans son baromètre estiment qu’il serait opportun de vendre leur bien immobilier au cours des 12 prochains mois. D’autant que la hausse des taux programmée par la Banque d’Angleterre, probablement vers la fin de l’année, commence à peser sur l’état d’esprit des acheteurs.

«En dépit de la robustesse de l’économie, il y a un changement évident de sentiment sur ce marché du fait des messages de plus en plus fermes envoyés par la Banque d’Angleterre», estime Fionnuala Earley, responsable de la recherche pour l’immobilier résidentiel chez Hamptons International. En juin, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, avait désigné l’immobilier résidentiel comme le principal risque au renouveau économique du pays.

La Banque d’Angleterre a ainsi dévoilé en juin deux mesures, toutes deux applicables au 1er octobre. Les prêts supérieurs à 4,5 fois le revenu annuel de l’emprunteur ne pourront ainsi représenter plus de 15% de la production nouvelle. Ils ne pourront par ailleurs pas bénéficier du programme Help to Buy, qui permet aux Britanniques ayant peu ou pas d’apport personnel d’emprunter grâce à une aide de l’Etat. Deuxième recommandation: les banques, qui testent la capacité de remboursement par les ménages de leurs prêts à taux variable, devront le faire sur la base d’une hausse des taux de 3%.

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