L’idée d’une dégradation de la note française fait débat
Si le niveau des CDS à 5 ans a progressé de 15 points de base (pb) à 160 pb hier, S&P a confirmé le « AAA » français et sa perspective stable
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Patrick Aussannaire
L’onde de choc de la dégradation du «AAA» américain peut-elle atteindre la France? Un nombre croissant d’économistes estiment que la France est la prochaine nation sur la liste des dégradations en cascade. «Il est difficile d’imaginer que, ayant dégradé les Etats-Unis, S&P ne poursuivra pas son action en dégradant au moins un acteur supplémentaire du club des «AAA». Dans le cas où une dégradation toucherait la France, par exemple, cela compliquerait les efforts, déjà fragiles, de l’Europe pour venir en aide à ses pays périphériques», estime Mohamed El-Erian, gérant chez Pimco.
La principale inquiétude provient non seulement de l’écartement des spreads entre le taux 10 ans allemand (Bund) et français (OAT). Il a en effet atteint hier 89 points de base du fait de la nouvelle chute à 2,26% du Bund, qui joue le rôle de valeur refuge en temps de crise. Aurel BGC estime que «le risque sur la France existe, mais l’écartement du spread est plus liée à un flight to quality sur le bund allemand.»
D’ailleurs, le niveau de l’OAT est resté stable à 3,15% hier. «On ne peut pas parler de risques croissants sur la dette française, même relatifs, en phase de baisse des rendements», indique Natixis. D’autant que la France a amélioré hier ses conditions de financement à court terme en émettant 8,006 milliards de bons du Trésor à des taux plus bas que la semaine dernière. Soit 0,791% pour l’émission de BTF à 3 mois (contre 0,91%), 0,798% pour les bons à 6 mois (contre 1,041%) et 0,84% pour le BTF à un an (contre 1,21%). Seul bémol, le niveau des CDS (contrats de protection contre le risque de défaut) à 5 ans a progressé de 15 pb à 160 pb hier, contre seulement 78 bp pour l’Allemagne.
Dans la ligne de mire: la capacité de la France à respecter ses engagements en termes de réduction du déficit budgétaire, qui a atteint 7,1% du PIB en 2010 et qui devrait rester à 5,8% fin 2011, contre 3,7% pour les Pays-Bas et l’Autriche, 2% pour l’Allemagne et 1% pour la Finlande et le Luxembourg. «L’argument selon lequel la France est le «moins bon élève» de la classe AAA de la zone euro (au sens où elle mettra davantage de temps pour ramener son ratio déficit/PIB à 3% que les autres pays AAA) n’implique pas que la France est un «mauvais élève"», estime Natixis. D’ailleurs, pour le moment S&P ne sonne pas l’alerte. Interrogés sur la France, des responsables de l’agence de notation ont confirmé le «AAA» de Paris et sa perspective stable.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps.
L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
L’exécutif étudie une baisse de 10 centimes par boîte du prix du paracétamol. Une idée qui ferait économiser 30 millions d’euros à l’Assurance maladie sur un an
Le sort du projet de loi destiné à venir en aide aux agriculteurs est suspendu à un article permettant le retour de l'acétamipride. Les députés du groupe de Gabriel Attal demandent au Premier ministre de tenir ses engagements et de sortir du texte la question des pesticides