L’idée d’un arrêt de la stérilisation du SMP fait son chemin au sein de la BCE
La nouvelle baisse surprise de l’inflation en janvier et la poursuite des tensions sur le marché monétaire, deux conditions évoquées le mois dernier par Mario Draghi comme pouvant déclencher une action de la BCE, ont renforcé cette probabilité auprès des acteurs de marché. Si la plupart d’entre eux privilégient toujours un statu quo lors de la réunion de demain, ils anticipent désormais un nouveau geste dès le mois prochain.
Or, la levée des réticences de la Bundesbank vis-à-vis d’un arrêt éventuel de la stérilisation du programme de rachats d’obligations (SMP) ouvre une fenêtre de tir pour la BCE.
En libérant 180 milliards d’euros de liquidités supplémentaires, cette mesure serait «la plus efficace pour doubler l’excès de liquidité, au moins temporairement, et donc apaiser les tensions sur les taux courts qui pourraient refaire surface dès cette semaine, suite au retrait de 45 milliards de liquidité excédentaire via les opérations de MRO (main refinancing operations) et justement la stérilisation totale du SMP», selon Frederik Ducrozet, économiste chez CA CIB. La possibilité d’une stérilisation partielle grâce à une baisse du taux de soumission maximal (actuellement 0,25%) est également évoquée.
Cette mesure permettrait en outre à la BCE de conserver des marges de manœuvre sur ses taux, pour ne les utiliser qu’en cas d’accroissement significatif du risque déflationniste, selon Natixis. L’autorité publiera le 13 février les résultats de son enquête auprès des prévisionnistes professionnels qui éclairera sur les risques de décrochage des anticipations d’inflation à moyen et long terme, boussole de la BCE. Pour le moment, les banquiers centraux européens se montrent réticents à un passage du taux de dépôt en territoire négatif.
L’arrêt total ou partiel de la stérilisation du SMP aurait néanmoins un effet temporaire, puisqu’il incite les banques commerciales à diminuer leur demande lors des opérations principales de refinancement et/ou à accélérer leurs remboursements de refinancements à très long terme (VLTRO), ce qui compenserait progressivement le supplément de liquidité. Il pourrait en outre créer un malentendu sur les marchés : ceux-ci pourraient le considérer comme un prélude au futur lancement d’un QE. Alors que la Bundesbank l’envisage comme «une concession pour ne pas devoir accepter des taux négatifs ou, pire, des rachats d’actifs», estime Frederik Ducrozet.
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