L'évaluation par S&P de la qualité de crédit des ETI doit encore s’imposer
Le nouveau service d’évaluation de la qualité de crédit des entreprises de taille intermédiaire de Standard and Poor’s doit encore faire ses preuves. Présenté à l’été dernier, il n’a pas encore été vendu. Même si cette innovation est bien accueillie sur la Place, certains doutent encore qu’elle réponde parfaitement aux attentes des entreprises et des investisseurs.
L’évaluation (Mid-Market Evaluation ou MME) s’adresse aux entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros et une dette en dessous de 500 millions d’euros. Dans un contexte de développement des financements alternatifs comme les placements privés, elle doit permettre de trouver de nouveaux investisseurs en offrant plus de transparence à ces derniers. Elle peut aller de MM1 + (pour la plus positive) à MM8 -. Elle n’est pas une notation et est destinée à être diffusée à une poignée de parties prenantes sélectionnées par l’émetteur.
«Le processus d’évaluation est plus court que pour une notation, il est de deux à quatre semaines. Nous comparons les entreprises à des entités de taille similaire et nous divulguons des rapports d’analyses détaillés», explique Alexandra Krief, directeur, responsable analytique du service MME. «C’est un nouveau service qui a besoin de se faire connaître», reconnait-elle. Celui-ci n’a pas encore été vendu mais des discussions sont bien avancées pour une première série d’analyses pour un fonds.
«C’est une excellente initiative», salue Valérie Voisin, responsable à l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE). L’association des investisseurs institutionnels (Af2i) partage cet avis. «L’analyse des agences (notation/évaluation) reste un élément clé de la décision d’investissement ainsi qu’un outil d’analyse et d’agrégation des risques», explique son président Jean Eyraud. «Dans la vague d’avènement des prêteurs alternatifs cela permettra de donner une plus grande liquidité au marché», avance aussi Cécile Mayer Lévi, gérant chez Tikehau Capital.
«Cela reste lourd pour les entreprises en termes de coûts et de temps de travail nécessaire», nuance Gérard Soularue, ancien président de l’AFTE et actuellement à la CCI Paris Ile-de-France. S&P ne communique pas de grille de prix. «On fait rentrer au forceps dans un moule d’analyse des entreprises qui ont des modèles économiques encore plus différents des uns des autres que dans le cas de grandes entreprises», fait valoir un investisseur.
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